Chronique des médias

Chauds, chauds les cookies !

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La Cnil exige désormais que l’éditeur du site internet mette au même niveau les deux options « accepter » ou « refuser » pour laisser l’internaute libre de son choix sur l'utilisation des cookies.
La Cnil exige désormais que l’éditeur du site internet mette au même niveau les deux options « accepter » ou « refuser » pour laisser l’internaute libre de son choix sur l'utilisation des cookies. © AFP/Lionel Bonaventure

Les nouvelles règles de la Cnil, le gardien des données en France, imposent depuis le 1er avril de recueillir le consentement des internautes avant toute visite sur un site média.

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Le règlement général de protection des données de l’Union européenne est clair, il n’est plus possible d’aller sur un site sans consentir explicitement aux cookies, ces petits pisteurs qui renseignent sur le profil ou la navigation de l’internaute.

Prenez le nouveau site Radioplayer, une application commune lancée jeudi par 200 radios françaises, et que RFI s’apprête à rejoindre. Même s’il n’y a pas de publicité prévue pour l’heure sur Radioplayer, tout visiteur doit dire s’il accepte ou non qu’on utilise ses données pour le géolocaliser, sélectionner du contenu ou lui adresser des publicités personnalisées. Depuis le 1er avril, la Cnil demande de se conformer à ces règles et promet des sanctions aux contrevenants.

Mais la crainte des éditeurs de médias est que les gens, massivement, décident de ne plus être tracés. La Cnil exige désormais que l’éditeur mette au même niveau les deux options « accepter » ou « refuser » pour laisser l’internaute libre de son choix. Des tests d’anticipation ont prévu une chute de moitié de l’agrément. Ce qui serait une catastrophe pour les médias qui ne pourraient plus commercialiser une audience non ciblée, car la publicité digitale est majoritairement automatisée avec des cookies. Les éditeurs s’efforcent donc de limiter au maximum cette perte avec des dispositifs adaptés. Au Figaro, on serait plus prêt de 8 à 10 %.

Trouver des parades

Pour les éditeurs, ces règles sont des cadeaux aux Gafa dans la mesure où Google et Facebook, qui aspirent 88 % de la publicité numérique, détiennent déjà des montagnes de données sur chacun d’entre nous. Le seul fait de nous connecter à notre compte suffit à les activer. Le comble est d’ailleurs que ces grandes plateformes ne se sont pas empressées de se mettre en conformité avec la Cnil car les règles européennes font qu’elles dépendent du pays de leur établissement fiscal, pour la plupart l’Irlande, où le gendarme des données est moins regardant qu’en France.

Du coup, les éditeurs cherchent des parades. Les sites Allo Ciné ou jeuxvideo.com de Webedia, laissent le choix entre accepter les cookies ou payer 2 euros, ce qui correspond à l’estimation mensuelle d’un internaute ciblé. Les groupes Prisma et Doctissimo en font autant. La Cnil jugera au cas par cas. Elle devra aussi examiner les pratiques de Google qui a prévu d’abandonner définitivement les cookies l’année prochaine, mais annonce un sandbox, un bac à sable. Là, tous les grains seront confondus, mais seul Google aura la passoire pour les identifier. Problème : les petits grains n’auront pas donné leur consentement et ça, la Cnil n’en veut pas.

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