Chronique des matières premières

Les prix du maïs au plus haut depuis 2013

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Ces dix derniers mois, pour répondre à ses besoins, la Chine a « siphonné » tous les surplus de stock.
Ces dix derniers mois, pour répondre à ses besoins, la Chine a « siphonné » tous les surplus de stock. © CC0 Pixabay/Contributeur

120 % de hausse en un an ! Les prix du maïs américain s’envolent et retrouvent leur niveau d’il y a huit ans. C’est le signe d’une crainte de pénurie sur le marché de l’aliment pour bétail. L’explication est à chercher en Chine et au Brésil. 

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La Chine n’a pas fini de jouer les troublions sur les marchés. Dans le secteur des céréales, ses importations pourraient atteindre les 50 millions de tonnes cette année selon certains analystes. Du jamais vu. Ces dix derniers mois, pour répondre à ses besoins, la Chine a « siphonné » tous les surplus de stock, explique un négociant. Elle a en particulier acheté une grande partie des réserves du plus grand producteur, les États-Unis.

Les chiffres l’attestent, les stocks américains de maïs ont fondu quasi de moitié. Ils ne peuvent donc plus jouer leur rôle de régulateur des marchés en cas d’accident climatique comme en connaît en ce moment le Brésil. Les caprices de la météo deviennent alors tout de suite plus problématiques. Et c’est ce qui est en train de se passer.

Inquiétude pour la production brésilienne

La deuxième récolte de maïs de l’année au Brésil  – la Safrinha –, qui est semée une fois le soja moissonné en février, risque en effet de ne pas tenir ses promesses. À cause des intempéries, la récolte de soja a eu 2 à 3 semaines de retard, les semis de maïs ont dû être effectués en dehors de la fenêtre climatique idéale dans plusieurs zones de culture.

Et pour ne rien arranger, ce mois d’avril a été particulièrement sec avec des précipitations inférieures de moitié par rapport aux prévisions, d’où l’inquiétude. « 10 millions de tonnes sont déjà perdues et les pertes risquent de s’aggraver si rien ne change », estime Sébastien Poncelet directeur du développement au sein du cabinet Agritel.

Si la production brésilienne baisse, c’est la production mondiale qui sera impactée : cette deuxième récolte brésilienne est en grande partie exportée. La première sert essentiellement à la consommation locale.

Les semis américains ne sont pas à la hauteur

Les États-Unis seront alors sollicités pour combler le manque en maïs. Mais rien ne dit qu’ils pourront répondre à la demande : une sécheresse touche aussi plusieurs États clés pour la culture des grains jaunes, et surtout les intentions de semis rapportées par le département américain à l’Agriculture (USDA) ont augmenté seulement de 0,3 % par rapport à l’année dernière alors que certains espéraient 4 à 5 %. « Pour éviter une envolée des prix encore plus forte, il faudrait que les Américains motivés par les prix actuels sèment un record de surface, et que le climat soit idéal », résume Sébastien Poncelet.

Ce sont tous ces paramètres, hypothétiques, qui pèsent aujourd’hui sur les cours du maïs. Et comme le veut la règle dans le secteur, les cours du blé montent, eux aussi, par ricochet, car tout manque de maïs sur le marché conduira inévitablement à des achats de blé supplémentaire.

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