La folie des années 80

1982 - L’année du CD et de Margaret Thatcher 2/9

Audio 48:30
Margaret Thatcher et François Mitterrand.
Margaret Thatcher et François Mitterrand. © Charles Platiau/REUTERS

1982, en France, le premier «bébé éprouvette» voit le jour, l’Italie remporte la Coupe du Monde, Romy Schneider décède d’une crise cardiaque, et la princesse Grace de Monaco perd la vie dans un accident de voiture. Mais 1982 marque aussi l’apparition d’une évolution technologique qui va révolutionner le monde de la musique : le CD.

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Les artistes se ruent sur ce nouveau moyen de faire des albums qui leur permettent de faire 90 minutes de musique, avec des morceaux bien plus longs, qui peuvent durer 7-8-9 minutes. La multiplication des hits entraîne l’arrivée d’une nouvelle émission sur les ondes francophones : le top 50. On y classe, indépendamment des maisons de disques, les morceaux ayant le plus de succès en termes de ventes.

On voit aussi l’émergence des chaînes de tv musicales, qui diffusent des clips, et la multiplication des labels indépendants. De nouveaux groupes peuvent apparaître, comme Simple Minds, Police, The Cure ou U2.

Et si ce contexte est difficile, avec un chômage important et une rigueur économique lourde, c’est parce que nous sommes en plein dans les années Margaret Thatcher. François Mitterrand disant d’elle qu’elle avait le sourire de Marilyn Monroe et les yeux de Calligula. Margaret Thatcher est Première ministre de Grande-Bretagne depuis 1979. Profondément conservatrice, elle est une antisoviétique convaincue, et une ennemie de l’indépendantisme irlandais. En 1982, elle est diabolisée à travers toute l’Irlande pour avoir laissé mourir de faim Bobby Sands, membre de l’IRA emprisonné qui exigeait, par une grève de la faim, un statut de prisonnier politique.

Son image de personne inflexible et sans cœur est définitivement gravée. Mais il n’y a pas qu’en Irlande que Thatcher est détestée. Les puissants syndicats s’opposent à sa politique économique. Il faut dire qu’elle ne croit plus au développement industriel de la Grande-Bretagne, elle veut développer les services et la finance, comme ce qui se fait en Amérique.

Margaret Thatcher en 1982, c’est aussi la guerre des Malouines, un petit archipel au sud de l’océan Atlantique, au large de l’Argentine.

Membre de l’Union européenne depuis 1972, la Grande-Bretagne n’y trouve pas son compte. Elle doit payer pour des pays tiers plus pauvres qu’elle, comme la Grèce, et pense ne rien en tirer comme bénéfice. Thatcher aura cette phrase entrée dans l’histoire « I want my money back » (Je veux mon argent de retour). Thatcher obtient de ses partenaires une grande indépendance en échange d’avancées dans la construction européenne, et désormais la Grande-Bretagne restera toujours un pied dedans, un pied dehors. Thatcher est probablement la dirigeante britannique première eurosceptique, préfigurant le Brexit qui arrivera 40 ans plus tard.

 

Avec : Yves Bigot, directeur général de TV5 Monde - Phillipe Chassaigne, historien spécialiste de la Grande-Bretagne - Bernard Dobbeleer, journaliste spécialiste des musiques des XXe et XXIe siècles - Pierre Marlet, journaliste responsable de l’info sur La Première (RTBF) - Laurent Rieppi, journaliste et historien du rock.

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