Lignes de défense

Le pas de la mule

Audio 02:30
Une mule du 7ème Bataillon de Chasseur Alpin de Varces, en Isère.
Une mule du 7ème Bataillon de Chasseur Alpin de Varces, en Isère. © Franck Alexandre / RFI

Pour atteindre les cols les plus escarpés, lorsqu’aucun véhicule ne peut plus passer, il reste les mules ! Ces animaux rustiques ont depuis quelques mois fait leur apparition au sein du 7ème Bataillon de Chasseur Alpin de Varces en Isère. Une expérimentation conduite par les troupes de montagne en vue d’une réintroduction des mules comme auxiliaire logistique.

Publicité

Au milieu des véhicules chenillés et des hélicoptères de combat, il y a désormais au 7ème BCA deux mules : « Prunelle » et « Victorieux ». Des animaux de race poitevine, de vrais athlètes pesant 650 kilos.

Omniprésente dans les armées françaises jusqu’à la guerre d’Algérie, la mule a disparu des régiments dans les années 1970, supplantée par les véhicules motorisés.

En montagne, pourtant, aucun véhicule ne peut l’égaler. Surtout en haute montagne, lorsque la météo se dégrade et que les hélicoptères ne peuvent plus voler, les chasseurs alpins se retrouvent contraints de progresser à pied. Alors, l’été dernier, le 7ème BCA a choisi de remonter le temps et de partir à l’assaut des Alpes lors d’un exercice avec trois mules et leur guide Thomas Duguy : « On a su utiliser les mulets six jours consécutifs en montagne, avec un groupe mortier où nous avons chargé les animaux sur différentes configurations c’est-à-dire les tubes, les plaques, les munitions, sur des projections de 10 kilomètres avec 800 à 1000 mètres de dénivelé par jour et sur 6 à 7 heures de marche au quotidien. Les mulets ont répondu présent et ont montré d’énormes capacités pour évoluer sur ces terrains difficiles. »

Dans les prochaines semaines, l’expérience sera renouvelée et déjà est évoquée la possibilité de reformer un bataillon de muletiers pour les troupes de montagne.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail