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Reportage Afrique

Rwanda: avec l’appauvrissement des familles, les enfants continuent de travailler

Audio 02:21
Une briqueterie au Rwanda. Depuis la crise du coronavirus, de nombreux enfants travaillent dans ces fabriques pour faire face à la pauvreté de leurs familles et ne sont pas retournés à l'école.
Une briqueterie au Rwanda. Depuis la crise du coronavirus, de nombreux enfants travaillent dans ces fabriques pour faire face à la pauvreté de leurs familles et ne sont pas retournés à l'école. © AFP/Simon Wohlfahrt

Au Rwanda, les collèges et les lycées rouvrent progressivement leurs portes au cours du mois de novembre. Mais la fermeture prolongée des établissement due à la crise du Covid-19, pendant près de huit mois, alliée à la paupérisation des familles, augmente les risques de décrochage scolaire et de travail des enfants.

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Elie Niyomugabo, 15 ans, coupe du fourrage pour la vache de ses parents au bord d’une route, à la sortie de Kigali. « Les autres enfants sont retournés à l’école, mais pas moi, parce que mes parents n’en ont pas les moyens, dit Elie. Cela va avoir de graves répercussions pour moi, parce que je ne saurai ni lire ni écrire, alors que je voudrais apprendre beaucoup plus de choses. »

Nouvel uniforme, frais de scolarité, des dépenses trop lourdes pour de plus en plus de parents rwandais. Assise devant sa maison dans un village du district de Rulindo, Odette Muragijimana, mère de 4 enfants, est inquiète. « Le problème, c’est le coronavirus. Avant les enfants allaient normalement à l’école. Mais maintenant, c’est vraiment difficile de s’organiser parce qu’un uniforme coûte environ 5 euros. Donc, imagine si tu as 4 ou 5 enfants qui doivent reprendre l’école. Ça fait 25 ou 30 euros, c’est énorme pour une famille », explique Odette.

Des enfants qui travaillent malgré les messages des autorités

Malgré les campagnes de prévention des autorités, à quelques pas de là, une dizaine d’enfants s’affairent devant les fours d’une briqueterie. Samuel assure avoir tout juste dix-huit ans et accepte de témoigner.

« En ce moment, les parents sont très pauvres, et ne peuvent pas nourrir leurs enfants. Si tu n’as pas mangé, est-ce que tu vas rester à la maison ? Qu’est-ce que tu vas y faire ? », demande Samuel. « Mais il faut dire qu’ici le travail est difficile, on peut transporter 50 à 100 briques. Donc c’est dur pour les enfants. De toute manière, ils ont peur d’être appréhendés par les autorités. Si vous avez trouvé des enfants ici, c’est que les autorités ne sont pas encore venues pour les chasser. Mais vous les avez bien vus, là… Ils sont en train de charger le camion. »

Vers une baisse du taux de scolarisation

Avant la crise, le Rwanda avait un taux de scolarisation de 98,5 % dans le primaire, et 24,5 % dans le secondaire. Des chiffres qui risquent de baisser, selon Julianna Lindsey, représentante de l’Unicef dans le pays.

« Nous savons, sur la base d’autres situations comme lorsque le virus Ebola est arrivé en Afrique de l’Ouest, que lorsque les enfants ne vont pas à l’école pendant une longue période, ils sont moins nombreux à y retourner », explique Julianna Lindsey. Puis d’ajouter : « Nous savons aussi que cela augmente le nombre de grossesses adolescentes, et c’est quelque chose qui nous inquiète particulièrement au Rwanda. Et évidemment, ce sont les enfants les plus défavorisés qui ont le plus de chances de décrocher. »

D’après un rapport de l’Unicef datant d’avant la pandémie, 70 % des cas de décrochages scolaires au Rwanda sont dus au montant des frais de scolarité.

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