Reportage culture

L'Unesco s'attelle à reconstruction de Mossoul

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La mosquée al-Nouri, de culte sunnite, à Mossoul, en Irak, au minaret millénaire.
La mosquée al-Nouri, de culte sunnite, à Mossoul, en Irak, au minaret millénaire. UNESCO ICONEM

Le pape François est actuellement en Irak et se rendra dimanche pour un temps de prière à Mossoul. L'Unesco a lancé, il y a deux ans et demi, son initiative pour « faire revivre l'esprit de Mossoul ». Le centre historique de la grande ville du nord de l'Irak a été totalement détruit en 2014 sous le règne de l'organisation de l'État islamique et lors de la reconquête de la ville en juillet 2017. L'Unesco a entrepris de reconstruire une partie du patrimoine culturel commun afin d'accompagner la reconstruction humaine de cette ville de deux millions d'habitants.

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Depuis l'an 1180, la mosquée al-Nouri et son minaret constituent les monuments emblématiques de Mossoul. En grande partie détruits lors de l'occupation de la ville par l'État islamique, ils sont en train de renaître de leurs cendres. Sous l'égide de l'Unesco, une campagne de fonds a déjà récolté 100 millions de dollars. La moitié provient des Émirats arabes unis qui a aussi choisi de reconstruire deux églises historiques : l'église syriaque al-Tahera, ainsi que le couvent dominicain dit de Notre-Dame de l'horloge.

« C'est un couvent qui n'a pas été détruit contrairement à d'autres églises de la ville » souligne le frère Olivier qui supervise la restauration. « Il a été occupé par le groupe État islamique qui l'utilisait comme tribunal et comme centre d'entraînement. Il y a eu énormément de pillages systématiques mais nous avons encore la chance d'avoir un toit, des murs qui tiennent et une présence de chrétiens. Cela correspond pour eux à la période de prospérité de leur ville. Ils veulent retrouver cette Mossoul qui a toujours été un peu comme une mosaïque. »

Avant même de penser à reconstruire, il a fallu déminer les gravats de la vieille ville. 12 000 maisons ont été détruites dans Mossoul ouest pendant la guerre, les fonds de l'Union européenne mais aussi ceux du Japon ou du Canada vont servir à remettre sur pieds près de 150 d'entre elles et quelques palais patrimoniaux afin de redonner un peu de dignité à ceux qui vivent encore dans les ruines. 

« On est en train de former un certain nombre d'artisans et de métiers qui étaient un peu perdus », explique Paolo Fontani, le représentant de l'Unesco en Irak. « Par exemple l'utilisation et le travail du marbre de Mossoul. On est aussi en train de former des gens à travailler le bois pour faire des fenêtres typiques mossouliotes. Nous ne formons pas seulement des ingénieurs, nous formons aussi des artisans qui seront capables d'intervenir dans les bâtiments. » Selon Paolo Fontani, cela représente un millier d'emplois qui redonneront aussi « une viabilité économique à la vieille ville ».

Pour Ernesto Ottone Ramirez, sous-directeur à la Culture de l'Unesco, « toute l'expression culturelle avait été complètement supprimée à l'époque de Daesh ». « Aujourd'hui, une des parties fondamentales sur laquelle on travaille, c'est le conservatoire où la musique traditionnelle revient. Les bibliothèques – qu'elles soient universitaires ou publiques – et librairies, deviennent des centres de la promotion du vivre ensemble. »

En attendant le début des travaux les habitants de Mossoul ont choisi. Le minaret de la mosquée al-Nouri devrait être reconstruit tel que le temps l'avait fait c'est-à-dire penché.

 

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