Reportage France

Les restaurants routiers, un lien social continu malgré les restrictions liées au Covid-19

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Dans le centre routier de Roye, dans la Somme.
Dans le centre routier de Roye, dans la Somme. © RFI/Alexis Bédu

Alors que le couvre-feu se durcit en France, il existe de rares lieux de convivialité encore ouverts. Les 250 restaurants routiers ont eu l'autorisation d'ouvrir leurs portes alors que tous les autres établissements du pays restent fermés. Ils sont réservés aux chauffeurs de poids-lourds. Reportage dans l'un d'entre eux sur l'autoroute entre Paris et Lille.

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Autoroute du Nord, sortie 12. Le restaurant du centre routier de Roye a rouvert il y a deux mois. « Aujourd’hui, on a 400 à 500 véhicules de passage tous les jours et on fait entre 150 et 200 repas tous les soirs. Le protocole Covid est assez important. Le masque est obligatoire ainsi que le nettoyage et désinfection des couverts, verres, à chaque passage », explique son manager Boris dos Santos.

Au menu ce soir-là : joue de bœuf à la bourguignonne, chili con carne ou suprême de poulet. En attendant de pouvoir s’installer à table, le large comptoir du restaurant est redevenu un lieu de sociabilité.

Antoine est un jeune routier belge. Au bar, il rencontre Pierre, un Breton, un ancien qui ne roule que la nuit. Tous deux sont heureux de retrouver leur restaurant. « Le soir c’est quand même bien de s’arrêter, de voir un petit peu du monde, et de manger à table surtout », admet l’un. Comment ont-ils fait pendant tout ce temps de fermeture ? L’autre comparse explique qu’ils faisaient comme ils pouvaient, avec des micro-ondes ou des sandwiches… Il est heureux de pouvoir revenir près d’un comptoir, discuter avec d’autres personnes, car « être toujours tout seul derrière le volant, ce n’est pas évident non plus ».

Un repère social pour une vie de solitude

Du lundi au vendredi, ils sont dans leurs camions, parcourant les routes d’Europe. Une vie de solitude. Le centre routier de Roye est un repère pour eux. « Tout est à vendre. Du micro-ondes à la nourriture, aux accessoires pour les camions. On est leur deuxième maison. La première, c’est leur camion, et la deuxième, c’est nous », assure Boris dos Santos.

Xavier est routier depuis 35 ans et il connaît bien l’endroit. Une fois le dîner avalé, il rejoint son 28 tonnes sur le parking. Il montre volontiers ce qui compose sa cabine : « J’ai ma télévision dans ma couchette, branchée sur mon autoradio pour faire home cinéma. Ici j’ai ma cafetière et tous mes accessoires, mon frigo… Comme à la maison ! »

Comme à la maison, le ventre plein et réchauffé, il peut dormir sur ses deux oreilles.

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