Reportage France

À quoi rêvent les aspirants hôtesses et stewards?

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Cloisons de séparation et masques obligatoires pour les aspirants hôtesses et stewards de l’Aéro School.
Cloisons de séparation et masques obligatoires pour les aspirants hôtesses et stewards de l’Aéro School. © RFI/Aabla Jounaïdi

À l'heure où la grande majorité des avions restent cloués au sol pour cause de pandémie mondiale, comment se projeter dans un avenir professionnel qui s'écrit encore en pointillé. Rencontre avec de futurs membres d’équipage dans un centre de formation près de Paris.

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Dans une salle reproduisant une cabine d’avion, les élèves de l’Aéro School à Nanterre s’échinent sur un mannequin de secourisme. Désinfectant à portée de main, masque sur le visage et distance de sécurité comme dans leur future vie de steward et hôtesses.

« C’est comme une cabine d’avion », indique Jérôme Leroy leur formateur. Il poursuit : « On va demander à chaque élève de s’installer et de laisser le siège libre du milieu de manière à ce qu’il y ait bien la distanciation. Chacun doit porter le masque, c’est notre rôle de vérifier que chacun porte bien un masque. »

Des changements de carrières professionnelles

En face de lui, des élèves motivés, comme Stéphanie Vezin. Après des années dans le commerce, elle s’est lancée dans la carrière d’hôtesse de l’air, forte d’une passion pour les avions. 

« Je me suis dit que ce serait idéal d’avoir comme bureau un avion. Connaître comment fonctionne l’avion, tout ce qu’il y a à l’intérieur et toutes les fonctions et missions d’une hôtesse de l’air », dit Stéphanie qui ajoute : « Le prochain que j’entends dire que c’est juste une serveuse ou un serveur... Je lui fais tout le topo sur la formation : c’est être infirmière, avoir beaucoup d’empathie, écouter les passagers, savoir gérer une foule, être à moitié pompier... », énumère l’apprentie hôtesse.  

Paul Migliarina, 25 ans, a lui aussi fait le grand saut. « J’étais joueur de foot aux États-Unis, chose qui n’a rien à voir », dit-il en riant. Comme pour Stéphanie, c’est pendant le confinement que l’idée a germé dans sa tête malgré les doutes. « J’étais inquiet. Après en avoir parlé avec les formateurs, on sait que le milieu aérien va reprendre. C’est plus de l’inquiétude, mais douter, non. On sait qu’on a besoin des avions pour voyager. Ça va reprendre. Du jour au lendemain peut-être pas, mais dans les mois à venir certainement » dit-il, confiant. 

Un secteur qui a « toujours fonctionné par cycle »

Gilda Thiebaut n’attend que cela, la reprise ; dans des locaux quasi vides, conséquence des mesures sanitaires et aussi de la chute du nombre d’élèves. La directrice de l’école, ancienne hôtesse elle-même, leur répète le même message : tenez bon, les avions vont revoler.

« Quand ? On ne sait pas. Très clairement on ne sait pas. Ce qu’on sait en revanche c’est que structurellement, le secteur aérien a toujours fonctionné par cycle : il y a toujours des périodes avec des embauches et des périodes sans embauches. Quand j’ai eu mon CFS (Certificat de formation à la sécurité, NDLR), en 2009, Air France venait de fermer ses recrutements donc il n’y avait plus d’embauche. Cela a toujours fonctionné comme ça », assure Gilda Thiebaut.

Le trafic reprendra-t-il pour tout le monde dès cet été, après la vaccination généralisée ? D’ici là, ces élèves auront en tout cas passé leurs examens théoriques et pratiques.

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