Reportage France

Emploi: malgré des projets d'embauche, certains secteurs manquent de main-d'œuvre

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De nombreux emplois sont à pourvoir dans la restauration ou le bâtiment.
De nombreux emplois sont à pourvoir dans la restauration ou le bâtiment. © CC0 Pixabay/Pexels

Les perspectives d’embauche sont « encourageantes » en 2021, conclut le baromètre annuel sur le besoin de main d’œuvre publié par Pôle emploi. Il dénombre 2,7 millions de projets d’embauche (30 000 de plus qu'en 2019). Des emplois surtout dans les services, la santé ou encore la construction. Mais malgré la crise, ces secteurs manquent toujours de bras.

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Dans les cuisines, Ailoène Dupuis découpe les navets à toute vitesse. Elle assume seule tout le service, entre 50 et 70 couverts par jour. « Dès qu’on a des commandes qui s’accumulent, cela génère du stress de ne pas pouvoir les sortir en temps et en heure, de faire attendre les clients, et puis beaucoup d’efforts physiques : on transpire ! C’est vraiment ce qu’on appelle le rush... », explique-t-elle.

Tablier autour de la taille et téléphone à la main. Hackim El Bour, le responsable du restaurant. Pour soulager la cheffe, il veut recruter un nouvel employé. Près d’une dizaine d’offres publiées en un mois, mais peu de candidatures adaptées. « Je propose un poste de second de cuisine avec un minimum de deux ans d’expérience en tant que chef de partie ou second ou similaire, mais je reçois énormément de personnes avec une expérience de commis, une expérience en extra, des gens qui n’ont aucune stabilité précédente, qui ont fait beaucoup d’établissements en très peu de temps... », énumère-t-il.

Une situation inédite pour ce gérant, habitué à avoir l’embarras du choix. Mais avec la crise sanitaire, près de 100 000 travailleurs ont quitté la restauration. Alors, il craint de manquer le bras lors de la réouverture des terrasses.

Des postes vacantes depuis 6 mois

Dans le bâtiment aussi la main-d’œuvre manque. Christophe Bourgain dirige une société du BTP. Il cherche désespérément un serrurier et un électricien. Des postes vacants depuis six mois qui freinent son activité. 

« Aujourd’hui, quand on annonce à un client qu’on va le traiter au mois d’octobre... Tout le monde n’est pas prêt à attendre jusque-là. On a des clients fidèles qui vont vouloir attendre, et on va y arriver, mais je ne suis pas certain non plus que tout le monde soit d’accord d’attendre autant », pense Christophe Bourgain.

Des conditions de travail qui freinent les candidats

Attendre autant, car dans le bâtiment les conditions de travail freinent les candidats, Fernando peut en témoigner. Devant une agence de Pôle Emploi, il attend son rendez-vous, tirant nerveusement sur sa cigarette. Ce jardinier au chômage ne retrouve pas de poste. Mais à 63 ans, il redoute de travailler sur des chantiers. « Dans le bâtiment il faut porter des poids dans le dos. Aujourd’hui, je n’aurai pas la force de travailler dans le bâtiment. Ce serait presque impossible, mais s’il faut y aller, il faut y aller », concède-t-il.

Une option aussi envisagée par Jeremy. Mais faute de formation, cet ancien chauffeur de taxi de 35 ans ne trouve aucune offre. « J’ai demandé à faire autre chose en attendant. Mais pour le moment je n’ai rien et on ne me propose rien. Même dans le bâtiment, c’est trop qualifié ou on ne peut pas postuler », explique-t-il.

Fin mars, le gouvernement a lancé une mission visant à résorber les métiers en tension… Les pistes d’actions devraient être présentées le mois prochain.  

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