Reportage France

«Solidarité olympique», un programme d'aide pour les athlètes en vue des JO

Audio 02:29
Le programme « Solidarité olympique » est destiné aux athlètes qui ne sont pas des stars, mais plutôt d'anonymes qui n'ont parfois pas la possibilité de pouvoir s'entraîner efficacement dans leur propre pays.
Le programme « Solidarité olympique » est destiné aux athlètes qui ne sont pas des stars, mais plutôt d'anonymes qui n'ont parfois pas la possibilité de pouvoir s'entraîner efficacement dans leur propre pays. © CC0 Pixabay/Henryk Niestrój

Le Comité international olympique a mis en place le programme « Solidarité olympique » qui permet à certains athlètes de bénéficier d’un meilleur encadrement en vue des Jeux. Près de 200 centres les accueillent dans le monde, mais un seul en France.

Publicité

De notre envoyé spécial à Petit-Couronne,

Malgré le soleil, Moussa Zaroumeye s’échine sur le tartan. Son objectif : s’offrir un billet olympique pour Tokyo. « Je fais du 400 m. Je suis venu ici dans le but de me préparer pour les Jeux olympiques, pour me qualifier. Ce qu’il y a de plus ici que dans mon pays ? Ce sont les infrastructures... », dit-il.

Difficile pour Moussa de s’entraîner convenablement au Niger. Alors il a pu bénéficier du programme « Solidarité olympique » mis en place par le CIO. Une bourse lui a été attribuée et il a débarqué il y a plus de 3 ans à Petit-Couronne, en Normandie.

Prise en charge intégrale des athlètes

Au total, 14 athlètes se sont installés au CRJS, le Centre régional jeunesse et sport de la ville, dirigé par Christophe Cornilleau. « On les loge, on les nourrit, on les entraîne, on les habille (on commande régulièrement ce qu’il faut comme tenues pour la pratique sportive), on les soigne... L’ensemble de nos services sont mis à disposition de ces sportifs. »

Le CIO finance à 100 % cette prise en charge. Et même s’ils ont le mal du pays, les boursiers peuvent se concentrer exclusivement sur leurs performances grâce à un encadrement presque sur mesure.

Accompagner les sportifs sur le plan social

Amadou Mbaye est un ancien champion d’Afrique du 100 mètres. Désormais éducateur, il entraîne Moussa et ses camarades. Il explique que « quand on quitte l’Afrique et qu’on vient ici, on fait face à un climat différent et une alimentation différente. L’environnement aussi change. Il faut qu’ils sachent qu’ils ne seront pas trop dépaysés. J’essaye de travailler sur le plan social ensuite pour les libérer », déclare Amadou Mbaye.

Et ça ne marche pas trop mal pour les boursiers. Intégrés à part entière au Centre de Petit-Couronne, ils partagent les mêmes lieux de vie que les judokas, athlètes et nageurs de la structure. Guillaume les guide au quotidien. « Je suis un peu le grand frère qui est là pour les aider administrativement, et dans tout ce qui est déplacement, voyage. Je suis là aussi pour gérer la bourse. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi. Je me sens bien quand je vois qu’on a réussi à les accompagner, à s’émanciper, et à remporter la qualification olympique », dit-il avec fierté. 

Se construire de nouveaux repères

Un lien indispensable pour des athlètes parfois touchés par la distance avec leurs familles. Certains n’ont pas vu leurs proches depuis plusieurs années. Alors ils ont appris à se construire de nouveaux repères, à l’image du sprinteur togolais Fabrice Dabla. « On partage toutes nos cultures. On partage quand même une grande famille ici en fait », résume-t-il.

Le colosse de 28 ans n’a toujours pas réussi à obtenir son billet pour Tokyo. Il espère y parvenir lors des prochains Championnats d’Afrique. D’autres boursiers doivent aussi disputer des épreuves qualificatives pour les Jeux. À moins de bénéficier d’une invitation du Comité international olympique. 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail