La Blue Box : l’art et la technologie au service du climat

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Le visiteur est projeté en 2050 à travers les yeux d’une petite fille confrontée au réchauffement climatique et à la montée des eaux.
Le visiteur est projeté en 2050 à travers les yeux d’une petite fille confrontée au réchauffement climatique et à la montée des eaux. © MV Perspectiviste

Alors qu’à la COP26, les décideurs peinent à s’engager concrètement dans la lutte contre le changement climatique, un jeune artiste, Martin Laurent, a créé la « Blue Box, Mémoire du futur ». Une installation en 3D qui nous plonge dans l’avenir d’un village de bord de mer en proie à la montée du niveau des océans causée par le réchauffement du climat.  

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Nous sommes à Lille, où les immenses bâtiments de l’ancienne gare St Sauveur – le Bazaar St So - accueillent la « Blue Box, mémoire du futur », une exposition interactive et immersive conçue et réalisée par Martin Laurent.  

Devant nous, ce cube de bois de 48m2, assez vaste pour accueillir un écran de cinéma panoramique, est en réalité une machine à voyager dans le temps.  

Entrer dans la Blue box - la boîte bleue - c’est se projeter en 2050, et voir à travers les yeux d’une petite fille, les conséquences du réchauffement climatique sur la montée du niveau de la mer, dans un petit port du nord de la France. L’effet est saisissant. 

Interaction et pédagogie 

Pour sensibiliser le public et les décideurs au changement climatique et à ses conséquences sur le quotidien des habitants des littoraux, Martin Laurent - lui-même né au bord de la mer - a choisi de conjuguer l’art, la technologie et la science.  

Avant de se lancer dans la réalisation de la Blue Box, le jeune homme a sélectionné les informations importantes sur l’avenir du climat en se basant sur les rapport des experts du GIEC. Puis il a exploré les sciences cognitives pour trouver les moyens les plus efficaces de communiquer ces informations aux spectateurs, sans pour autant les stresser mais au contraire, en leur donnant le sentiment qu’ils peuvent agir pour limiter les effets délétères du changement climatique.  

Martin Laurent a donc choisi deux axes de développement : l’interaction du spectateur avec l’installation et un nombre limité d’informations dispensées, afin qu’elles restent faciles à mémoriser.  

Une machine à voyager dans le temps 

En pénétrant dans la Blue Box, on se coupe du monde extérieur pour plonger dans l’avenir d’un petit port de pêche de la Côte d’Opale, au nord de la France.  

Le spectateur-acteur est debout face à un écran panoramique en demi-cercle. Nous sommes en 2021, les vagues sur brisent tranquillement sur la jetée du port et une petite fille regarde la mer sans appréhension.  

Mais le temps passe, les années défilent jusqu’en 2050, le son puissant, en 3D, nous submerge mais nous pouvons agir : lever les bras jusqu’en haut, c’est choisir un futur où nous aurons laissé les gaz à effet de serre s’accumuler et le climat se réchauffer… sur l’écran, la mer monte et engloutit tout sur son passage. À l’inverse, baisser les bras nous emmène vers un futur où nous aurons réussi à limiter les émissions de gaz à effet de serre… la mer restera au niveau actuel et le village pourra continuer à vivre.   

L’expérience est ludique, impressionnante et pédagogique : agir, c’est choisir. 

Expérimenter pour comprendre 

Pour Théophile Bongarts, de la Plateforme Océan Climat, qui travaille sur l’adaptation des villes côtières au changement climatique « les chiffres ça ne parle pas », mais l’expérience immersive de la Blue Box est au contraire un excellent moyen de sensibiliser le public : « les gens ont un rapport émotionnel très fort à la mer, à la beauté des paysages côtiers, (…) en plongeant dans la Blue Box, on peut avoir l’expérience de ce que sera la ville dans laquelle on a grandi avec la mer à 10cm, 15cm ou 1m plus haute qu’elle ne l’est aujourd’hui, et c’est beaucoup plus fort ». 

La Blue Box de Martin Laurent est entièrement éco-conçue, en bois, démontable et transportable facilement. L’installation peut répondre à des demandes spécifiques : le port de pêche français pourrait par exemple laisser la place à un port canadien.  

Installée pendant 2 semaines au Bazaar St So à Lille, la Blue Box sera ouverte au public les 6 et 7 novembre 2021 – dans le respect des contraintes sanitaires liées au covid - et Martin Laurent souhaite ensuite la faire voyager et l’installer notamment sur les sites des grandes conférences climat, comme les COP, pour inviter le public, mais aussi les décideurs politiques, à s’immerger, ressentir et finalement agir pour limiter le réchauffement.

 

L'équipe Blue Box : Nadia Ghilaci, Charles-Henri Georget, Antoine Boucherikha, Thomas Rouvillain, Jérémie Ségura, Augustin Grillet, Christophe Gregorio, Sébastien Chevrier, Maxime Verdelet, Boris Lafargue, Antoine Bisbrouck, Pierre-Yves Bocquet.

 

En savoir plus : 

► Le site Neographic Digital 

► Les pages Facebook et Instagram

► Les rapports du GIEC 

► La plateforme Océan & Climat  

► La COP 26 

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