Revue de presse française

À la Une : la gifle

Audio 04:18
Le président français Emmanuel Macron.
Le président français Emmanuel Macron. © Christophe Ena/AP

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Loin d’être anecdotique, l’épisode de la gifle reçue hier par Emmanuel Macron est révélateur de l’outrance et de la radicalisation de certains esprits… C’est ce qui ressort à la lecture de la presse ce matin.

« Emmanuel Macron giflé, la République humiliée », lance L’Alsace.

« Emmanuel Macron giflé, une ligne rouge franchie », s’exclame Le Maine Libre.

« Une claque à la démocratie », renchérit Le Progrès.

« La gifle qui inquiète », soupire Le Parisien.

« La gifle qui secoue la République », insiste Sud-Ouest.

Sud-Ouest qui s’interroge : « Le coup porté au président marque-t-il une escalade supplémentaire dans la dégradation du débat public en France ? » Certes, pointe le journal, « la vie politique française n’a jamais été un long fleuve d’amour et de mansuétude. Dans les années 30, les ligues fascistes appelaient publiquement à l’assassinat de Léon Blum. Celui-ci faisait l’objet d’une haine peu éloignée de celle qui déferle contre Emmanuel Macron depuis le mouvement des Gilets jaunes. Mais après l’épisode de Tain-L’hermitage, et à un an d’une élection présidentielle peut-être irrespirable, il est temps d’alerter, estime Sud-Ouest, sur le danger de vociférer contre ces élites opaques qui libèreraient des virus, qui mijoteraient des attentats, qui organiseraient la dictature. Aujourd’hui, c’était une gifle. Et demain ? »

Cette France qui s’habitue à la violence…

La Charente Libre enchaîne : « Cette gifle est un épisode de plus dans cette dégradation du climat. Un fond de l’air de plus en plus rance qui ne fait que banaliser la violence verbale, qui donne la parole à celui qui crie le plus fort et clashe le plus vite (…). On pourrait disséquer le cri royaliste de cet homme de 28 ans avant de passer à l’acte. Mais ce "Montjoie-Saint-Denis" qui rallie les fanatiques de l’Action Française voulant mettre à terre la "gueuse" républicaine, n’est qu’un symptôme de plus, pointe La Charente Libre. Celui d’une France qui s’habitue à la violence, à offrir du temps de cerveau disponible à toutes les composantes de l’ultradroite, à inverser les valeurs républicaines, faisant d’un Zemmour le nouveau prophète des lumières du XXIe siècle et de l’extrême droite, un recours envisageable pour sauver la nation d’une supposée chienlit. »

Ne pas surdimensionner la portée de ce geste…

Le Figaro n’a pas la même analyse… Certes, « la fonction présidentielle impose le respect à ceux qui vivent et agissent sous sa juridiction. » Mais, poursuit Le Figaro, il ne faut pas « surdimensionner la portée de cet événement. Ce serait accorder trop d’importance à l’imbécile qui a voulu se faire remarquer. La meilleure réponse a été donnée par Emmanuel Macron lui-même qui a immédiatement décidé de ne modifier en rien le programme de ce déplacement. Ne pas s’arrêter, ne pas dramatiser à l’excès non plus. Le caractère inacceptable d’un tel acte impose un réflexe d’unité, il ne signifie pas que la République est en danger. »

Ce mercredi : comme un goût de liberté retrouvée…

À la Une également : l’acte 2 du déconfinement… « Couvre-feu repoussé à 23 heures, réouverture des salles de restaurant, jauges assouplies dans les lieux publics : ce 9 juin a un goût de liberté retrouvée », relève Libération. Mais attention, prévient le journal, « il ne faut pas croire que le virus trépasse parce que l’épidémie se tasse. Nombre de scientifiques prédisent qu’il va continuer à circuler. D’où l’urgence de penser aussi à étendre la couverture vaccinale aux plus pauvres et aux plus précaires, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, car notre liberté passe aussi par la leur. Cette pandémie a également mis en lumière les fragilités de notre outil de recherche et de notre système hospitalier, elle a mis en évidence la nécessité vitale de placer l’environnement au rang des priorités et, pour certains, le besoin crucial de se reconnecter à la nature. Bref, conclut Libération, profitons de ce retour à la vie, oui, mille fois oui, mais n’oublions pas ce "monde d’après" auquel nombre d’entre nous, dans un moment d’égarement peut-être, ont cru. »

Et puis il y a aussi ce mercredi « le retour au bureau » : C’est le grand titre de La Croix. « La fin du "télétravail 100 % obligatoire" va entraîner le retour progressif des salariés sur leurs lieux de travail à partir de ce mercredi. » Mais pointe le journal, « la plupart des salariés n’imaginent pas la fin du télétravail. De même que certaines sociétés. En 2019, entre 500 000 à 800 000 salariés télé-travaillaient de manière régulière. Aujourd’hui, c’est possible pour 6 ou 7 millions. »

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