Accéder au contenu principal
Ça fait débat avec Wathi

Les élections au Ghana : un test important pour la consolidation démocratique

Audio 03:56
Le président ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Cédéao, vient notamment à Bamako discuter de la suite de la transition. (image d'illustration)
Le président ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Cédéao, vient notamment à Bamako discuter de la suite de la transition. (image d'illustration) Paul Marotta/Getty Images

Ça fait débat avec Wathi, comme chaque samedi sur RFI avec Gilles Yabi.

Publicité

Après la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, où le président sortant Marc-Christian Kaboré vient d’être reconduit dès le premier tour et sans crise post-électorale, c’est le tour du Ghana d’organiser des élections présidentielle et législatives ce lundi 7 décembre. Comme pour les autres pays de la région, vous proposez sur le site de Wathi un dossier à cette occasion, avec la présentation des candidats à la présidence et leurs programmes.

« Oui, il est particulièrement important pour nous de ne pas encourager la perpétuation de ce réflexe qui consiste pour les pays francophones, anglophones et lusophones de la région à ne pas vraiment s’intéresser les uns aux autres, et à se priver ainsi de la possibilité d’apprendre des uns des autres.

Le Ghana est voisin aussi bien du Togo, de la Côte d’Ivoire que du Burkina Faso. Ce pays est, on l’oublie aussi souvent, la deuxième plus importante économie de la CEDEAO, loin derrière le Nigeria mais devant la Côte d’Ivoire. C’est aussi le deuxième pays le plus peuplé de la Communauté avec environ 31 millions d’habitants, contre 26 millions pour la Côte d’Ivoire. C’est enfin l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne classés dans la catégorie des pays à développement humain moyen, notamment en raison d’une priorité effective accordée à l’éducation sur la longue durée. »

Mais le pays de Kwame Nkrumah, chantre du panafricanisme, a eu une histoire politique très tourmentée avec des coups d’État successifs jusqu’à la stabilisation sous le lieutenant d’aviation John Jerry Rawlings arrivé aussi pouvoir par un coup d’État

« En effet. Jerry Rawlings, qui est décédé brutalement le 12 novembre dernier, a marqué l’histoire du pays, en organisant lui-même la transition entre son régime militaire et un régime démocratique. Il a été l’artisan du retour au multipartisme et à une construction démocratique plutôt convaincante. »

► Lire aussi : Les deux rivaux à la présidentielle au Ghana signent «un pacte de paix»

L’épouse de Rawlings est candidate à l’élection présidentielle de ce 7 décembre

« Oui. Nana Konadu Agyeman-Rawlings a été la première femme à se présenter à la présidence du Ghana il y a quatre ans, en 2016. Elle est à nouveau candidate et son parti a démenti les rumeurs sur son retrait de la course après le décès de son époux. Mais, comme au Nigeria, le jeu politique ghanéen est dominé par deux grands partis, le New Patriotic Party (NPP), qui sera représenté par le président sortant Nana Akufo-Addo et le National Democratic Congress, (NDC) qui a choisi de présenter John Dramani Mahama, le prédécesseur de Akufo-Addo. Mahama va donc tenter de prendre sa revanche contre celui qui l’avait privé d’un second mandat il y a quatre ans. »

Vous estimez qu’il ne faut pas idéaliser la démocratie ghanéenne qui a ses travers et ses faiblesses, mais que les institutions y sont tout de même plus crédibles, plus respectées que dans la majorité des pays de la région

« Tout à fait. Le Ghana n’échappe pas à la corruption, à l’inflation des dépenses de campagne et à la tentation du recours à la violence par les partis qui s’appuient de plus en plus sur des groupes de jeunes qui s’apparentent à des miliciens. Beaucoup s’inquiètent des risques de violences électorales localisées.

Mais on est encore loin des élections récentes vidées de leur sens dans certains pays de la région. Il y a au Ghana un vrai débat argumenté sur les performances relatives du président sortant et de son principal rival, son prédécesseur. Et il y a surtout le sentiment que la Commission électorale indépendante et les institutions judiciaires sont capables de gérer de manière professionnelle et plutôt impartiale le processus électoral et les contentieux éventuels post-électoraux. Mais même au Ghana, les comportements irresponsables d’une poignée de personnalités publiques peuvent donner un coup d’arrêt brutal à une entreprise jusque-là remarquable de construction démocratique. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.