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Immigration: l'Autriche présente un bilan de l’intégration des réfugiés

Audio 03:15
Muhammed, un jeune de 16 ans de Damas en Syrie, apprend l'allemand avec l'aide d'un volontaire autrichien dans un centre d'accueil, le 1er avril 2016 à Vienne.
Muhammed, un jeune de 16 ans de Damas en Syrie, apprend l'allemand avec l'aide d'un volontaire autrichien dans un centre d'accueil, le 1er avril 2016 à Vienne. Christian Science Monitor/Getty Images

Alors que la situation est tendue à la frontière gréco-turque depuis qu’Ankara a décidé d’ouvrir ses frontières, l’Autriche a présenté jeudi 5 mars un bilan de l’intégration des réfugiés arrivés dans le pays depuis 2015.

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L’Autriche est l’un des pays européens qui, en proportion, a accueilli le plus de réfugiés lors de la crise de 2015-2016, une crise qui a laissé des traces dans ce pays d’un peu moins de 9 millions d’habitants. Environ 200 000 personnes ont déposé une demande d’asile en Autriche depuis 2015, dont 110 000 ont reçu une réponse positive selon les chiffres présentés cette semaine par la ministre conservatrice de l’Intégration, Susanne Raab. Cette dernière a insisté sur les coûts de cet accueil, expliquant que l’hébergement dans les centres d’asile a coûté plus de deux milliards d’euros et que 70 000 cours d’allemand et 100 000 cours de valeurs ont été dispensés à ces nouveaux arrivants. Selon la ministre, l’Autriche « n’a pas encore surmonté les conséquences de 2015 », d’où sa mise en garde concernant la situation actuelle, alors que la Turquie a ouvert ses frontières avec la Grèce pour laisser passer les migrants. « Nous ne devons pas laisser entendre que si on peut arriver en Grèce, on peut arriver ensuite en Autriche » a martelé la ministre conservatrice.

Un message clair de la part des conservateurs autrichiens

Ces derniers jours, l’extrême-droite mais aussi les conservateurs ont régulièrement agité le spectre d’une crise similaire à celle connue en 2015. Le chancelier Sebastian Kurz a ainsi dénoncé une « attaque » de la Turquie contre l’Union européenne et plaidé pour la protection des frontières extérieures afin « que 2015 ne se reproduise pas ». Sauf qu’aujourd’hui Sebastian Kurz ne dirige plus l’Autriche avec l’extrême-droite mais avec les Verts, une coalition inédite au pouvoir depuis janvier dernier. Or, les écologistes ne partagent pas cette position. Le vice-chancelier Werner Kogler a même fait une proposition totalement à rebours de ce discours : accueillir des femmes et des enfants qui se trouvent dans les centres d'asile surpeuplés des îles grecques. Proposition immédiatement rejetée par les conservateurs. Werner Kogler a dû reconnaître que c’était une opinion personnelle, mais il a reçu le soutien de plusieurs ministres écologistes et membres du parti, dont celui du président de la République, Alexander Van der Bellen.

Cela fragilise-t-il la coalition autrichienne ?

Les deux partis ne s’attendaient sans doute pas à ce que la question migratoire s’invite de cette manière et aussi vite dans les débats. Ils ont bel et bien prévu dans leur programme un dispositif inédit dans la vie politique autrichienne, qui permet, en cas de crise migratoire, à chacun des deux partenaires de s'associer à d'autres partis pour faire voter une loi. Mais ils pensaient sans doute que cela ne serait jamais utilisé. Il y a moins de certitudes aujourd’hui à ce sujet, bien que les deux partenaires s’en défendent. Ce qui est sûr, c’est qu’ils suivront avec attention la situation à la frontière gréco-turque dans les jours à venir. Le Premier ministre grec sera d’ailleurs reçu mardi prochain par le chancelier Sebastian Kurz.

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