Accéder au contenu principal
Reportage Afrique

RCA: épidémie de rougeole, l'hôpital de Bossangoa ne désemplit pas

Audio 02:21
Prise en charge de la rougeole à l'hôpital de Bossangoa, en Centrafrique, le 8 mars 2020.
Prise en charge de la rougeole à l'hôpital de Bossangoa, en Centrafrique, le 8 mars 2020. RFI/Charlotte Cosset

Fin janvier, le ministre de la Santé a déclaré l’épidémie nationale de rougeole en Centrafrique. La zone de Bossangoa est particulièrement touchée. L’hôpital régional ne désemplit pas. Depuis la mi-janvier c’est plus de 1 600 cas qui ont été pris en charge dans le centre hospitalier soutenu par MSF, (7 cas de décès ont été recensés dans la structure). Les complications de la rougeole obligent dans certains cas à l’hospitalisation. Reportage à l’hôpital général de Bossangoa.

Publicité

À l’accueil, des femmes assises en rang attendent un diagnostic. Flavie vient avec son fils Azaf. Il a 4 ans, il est faible, il peine à ouvrir ses yeux tout pleurants : « Ça a commencé depuis trois jours. C’est à cause des boutons qu’il a sur la peau que je l’ai amené à l’hôpital pour vérifier si ce n’était pas la rougeole. Il y a eu un communiqué à la radio, si les enfants ont de la fièvre comme ça, il faut venir à l’hôpital. J’ai deux enfants. L’autre aussi est malade. Il a la conjonctivite et j’ai envoyé quelqu’un le chercher. »

La rougeole est une maladie très contagieuse, et les cas ne cessent d’affluer, c’est pourquoi à l’hôpital il a fallu créer un secteur consacré. Hilaire Doutoumbaye travaille pour MSF. Il est l’assistant coordinateur médical à l’hôpital de Bossangoa : « Le bâtiment c’était pour la malnutrition, mais par rapport à la situation, par rapport aux nombres de cas qu’on a reçus, on a déplacé les services de la nutrition pour un autre bâtiment et on a laissé ce bâtiment-là exclusivement. Et hormis le bâtiment, on a encore monté trois tentes pour ces patients. »

Une crise épidémique importante

Le Dr Sabé Sosthène, le médecin directeur adjoint de l’hôpital, explique les difficultés des autorités sanitaires : « La région de Bossangoa, de l'Ouham en général, est sortie d'une crise. Et après la crise, vous savez que les institutions sanitaires publiques ne fonctionnent pas vraiment, ce qui fait que la couverture vaccinale ne peut pas atteindre les coins reculés. Et quand vous voyez l'histoire du début de l'épidémie, le foyer de l'épidémie était dans un village qui est au fin fond. Je pense que c'est un problème de couverture vaccinale qui a fait que l'on est arrivé à ce niveau. »

La rougeole amène différentes complications notamment respiratoires, dans une pièce les cas les plus critiques. Apoline regarde son fils de 1 an dormir. Il est branché sur une machine pour l’aider à respirer : « À l’hôpital de Benzembe, on m’a envoyée ici parce que le cas était très grave, il est fatigué. Il a beaucoup de petits boutons sur le corps, c’est pour ça que je l’ai amené ici. Ça va un peu mieux, même s’il n’arrive toujours pas à manger et à boire de l’eau. »

Les enfants sont les plus touchés, mais des adultes sont aussi contaminés. Malgré les difficultés logistiques et sécuritaires, la vaccination a débuté dans la préfecture.

À lire aussi : Centrafrique: les autorités déclarent une épidémie nationale de rougeole

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.