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Aujourd'hui l'économie

L’industrie sur le pied de guerre pour fournir des masques

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L'entreprise de fabrication de masques médicaux Kolmi-Hopen, à Saint-Barthélemy-d'Anjou, en France, fonctionne à pleine capacité.
L'entreprise de fabrication de masques médicaux Kolmi-Hopen, à Saint-Barthélemy-d'Anjou, en France, fonctionne à pleine capacité. REUTERS/Stephane Mahe

Un avion-cargo chinois est arrivé ce mercredi 18 mars en Belgique avec des masques destinés aux pays européens. La France récupère ainsi un million de protections faciales. Une offre bienvenue pour faire face à la pénurie mondiale.

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Cette protection est demandée partout dans le monde pour combattre le coronavirus. D’après l’Organisation mondiale de la santé, il faudrait augmenter la production de 40 % pour faire face aux besoins actuels. Cela donne une idée du défi que doit relever cette industrie, quasiment du jour au lendemain. Et cela dans un contexte de marché hyper tendu. Avec d’un côté une demande qui explose et de l’autre, une rafale d'interdiction des exportations de la part des pays ayant encore des capacités de production. L’Inde, la Thaïlande, la Corée du Sud, l’Italie, la France, l’Allemagne, le Kenya, ou encore l’Indonésie, la liste n’est pas exhaustive, ont tous choisi de privilégier leurs besoins nationaux. Cette soudaine raréfaction des masques révèle l’hyper fragilité d’un marché mondialisé et surtout sinisé, c’est-à-dire contrôlé par la Chine.

Avant le début de l’épidémie, la Chine produisait la moitié des masques vendus dans le monde.

Cette ultra-domination donne le beau rôle aujourd’hui à Pékin qui distribue ces objets devenus précieux à ses alliés, comme à ses ennemis, y compris aux États-Unis. Les experts en relation internationale parlent d’une diplomatie du masque. En soutenant les pays aujourd’hui dans la tourmente, la Chine veut aussi éviter de subir une deuxième vague de contamination.

Derrière cette stratégie, il y a une économie du masque, une économie de guerre promptement administrée depuis le début de l’épidémie. La Chine, premier pays affecté par le coronavirus a été aussi le premier à interdire les exportations. Les fabricants canadiens, américains qui ont des usines en Chine ont été contraints de se plier à cette règle. Et en même temps, la Chine a fait main basse sur tous les stocks existant à travers le monde en important massivement du Japon, des États-Unis, du Vietnam ou encore de Tanzanie et du Kenya. On comprend mieux pourquoi ce pays a interdit les ventes à l’étranger. La Chine ainsi a déséquilibré un peu plus le marché. La semaine qui a suivi le confinement de Wuhan, 56 millions de masques ont été importés, 20 millions pour la seule journée du 30 janvier.

La Chine produit aujourd’hui 200 millions d’unités par jour

C’est vingt fois plus qu’au début du mois de février. Car la Chine a aussi battu le rappel et mobilisé toutes les usines possibles pour produire davantage. Les ateliers tournent à 110 % de leur capacité. En quelques semaines, les fabricants de chaussures, d’Iphones comme Foxconn, ou de voitures électriques, ou encore de protections hygiéniques, se sont reconvertis dans la fabrication des masques.

Le gouvernement chinois parle volontiers de son « armée des masques » pour désigner les milliers d’entreprises dédiées à cette tâche et soutenues par des aides publiques. Cette force de frappe est impressionnante, mais pas suffisante.

La Chine produit abondamment les masques de chirurgie que tout le monde s’arrache, pensant à tort ou à raison avoir trouvé le bouclier anti-coronavirus. En revanche, la Chine a du mal à augmenter la production des masques type N95 ou FFP2, plus sophistiqués, plus protecteurs, ceux que doivent absolument porter les soignants pour éviter d’être contaminés à leur tour. Elle n'en fabrique que 600 000 par jour. C'est ce qui manque le plus aujourd'hui. C'est la production qu'il faut à tout prix doper pour gagner contre le coronavirus.

En France, en Italie, aux États-Unis ou en Allemagne, tous les fabricants existants, épaulés par de nouveaux convertis, s'activent pour renforcer cette armée des masques.

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