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Chronique des matières premières

Pétrole et environnement: le coronavirus change-t-il la donne?

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La crise que traverse le secteur pétrolier pourrait aussi mener à plus de pollution, si les États ne renforcent pas leurs législations.
La crise que traverse le secteur pétrolier pourrait aussi mener à plus de pollution, si les États ne renforcent pas leurs législations. REUTERS/Essam Al-Sudani

La crise du secteur pétrolier causée par l’épidémie de Covid-19 pourrait avoir des conséquences importantes sur l’environnement. Un impact positif ou négatif selon les stratégies des États producteurs et des compagnies pétrolières.

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L’interruption des transports terrestres et aériens dans beaucoup d’États confinés face au coronavirus a rendu soudain l’atmosphère plus respirable. Chacun peut faire ce constat. Mais la crise que traverse le secteur pétrolier pourrait aussi mener à plus de pollution, si les États ne renforcent pas leurs législations.

Une nouvelle marée noire dans le golfe du Mexique dix ans après ?

Un risque important aux États-Unis, selon les défenseurs de l’environnement. Dix ans jour pour jour après l’explosion d’une plateforme de BP, qui avait causé la pire marée noire dans le golfe du Mexique, le rapport Oceana, publié mardi dernier, estime que les risques d’accident sont aujourd’hui plus importants qu’en 2010.

L’administration Trump a en effet détricoté la réglementation plus stricte qu’avait imposée son prédécesseur Barack Obama après cette catastrophe, autorisant même les forages maritimes au large d’autres côtes protégées. Avec la crise financière que traversent nombre d’entreprises du secteur pétrolier, la pression va s’accroître sur la main-d’œuvre et les délais, ce qui pourrait mener à de nouveaux accidents.

Le Canada pousse l’industrie pétrolière à réhabiliter les paysages

Le Canada prend au contraire des initiatives pour que le secteur pétrolier répare ses dommages à l’environnement. L’administration d’Ottawa destine l’équivalent d’un 1,2 milliard de dollars aux compagnies non pas pour produire, mais pour réhabiliter les centaines de sites où les puits de pétrole ont été abandonnés, laissant les paysages dévastés en Alberta ou dans le Saskatchewan, avec un risque de contamination des eaux souterraines.

« C’est bon pour l’environnement, a commenté le Premier ministre Justin Trudeau, mais aussi pour les propriétaires », souvent des fermiers qui se demandent comment exploiter à nouveau leurs terres, « et pour 10 000 salariés » de l’industrie pétrolière que cette réhabilitation « va maintenir dans l’emploi ».

En plein marasme, Shell promet la neutralité carbone

Autre surprise, l’engagement de la compagnie pétrolière Shell. La major anglo-néerlandaise choisit le pire moment, celui d’un plongeon historique à la fois des cours et de sa valeur boursière, pour promettre une réduction plus volontariste de ses émissions de CO2 (moins 30 % au lieu de 20 % en 2030, moins 65 % en 2050 au lieu de 50 %) et s’engager à la neutralité carbone au plus tard en 2050.

Le PDG de Shell n’a pas encore dit comment il y parviendrait. Le frein à l’activité pétrolière pourrait l’y aider. En attendant, sa promesse reçoit un accueil favorable des investisseurs de Climate Action 100+.

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