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Aujourd'hui l'économie

Bourse: pourquoi Wall Street parait déconnectée de l’économie américaine

Audio 03:33
La Bourse de New York, Wall Street.
La Bourse de New York, Wall Street. SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Malgré les sombres perspectives de l’économie mondiale, la Bourse de New York semble prête à renouer avec l’euphorie qui l’a portée pendant les dix dernières années. Comment expliquer ce décalage entre Wall Street et l’économie réelle ?

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C’est vrai que le prodigieux rebond de Wall Street observé la semaine dernière avait quelque chose d’irréel. La Bourse américaine a quasiment effacé ses pertes du mois de mars. Sans se soucier du chiffre du chômage américain publié vendredi : il y a eu 20 millions de nouvelles inscriptions en quelques semaines, effaçant ainsi des années de patiente reconstruction du marché de l’emploi. Au début de la pandémie, la Bourse a été entièrement suspendue à l’évolution de la maladie, piquant du nez chaque fois qu’une information confirmait la progression du virus. Maintenant que la pandémie commence à baisser en intensité, la Bourse semble retrouver son optimisme naturel. En fait, il faut regarder les indices américains à la loupe pour voir que cette euphorie est très relative. Les Google, Apple, Facebook Amazon et Microsoft, devenus très utiles pendant le confinement, ont fortement progressé. En revanche, certains secteurs sortent essorés du confinement, le secteur de l’industrie pétrolière par exemple, reste orienté à la baisse.

La bonne santé des géants du Net est trompeuse ?

C’est la thèse des réalistes qui rappellent que ces sociétés représentent 20% de la valeur des 500 premières entreprises cotées. Le moindre mouvement de leurs actions influence donc fortement la tendance de la Bourse. Les visionnaires expliquent au contraire que les pétroliers ne pèsent plus que 3%, qu’ils appartiennent à l’économie du passé, qu’il faut regarder du côté des nouveaux poids lourds de la Bourse pour prédire l’avenir. Toutes ces analyses sous-tendent les stratégies des investisseurs qui espèrent faire les meilleurs placements grâce à cette crise. Pour cela, ils se pressent d’acheter pendant que les prix sont bas. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, présent en France dans le capital du quotidien Le Monde, a racheté des parts des grands magasins Macy's, il en possède au moins 5%. Aujourd'hui, ces chasseurs à l'affût peuvent même se précipiter, par crainte de rater la bonne affaire et ils contribuent ainsi à faire remonter le marché, peut-être trop vite.

D’autres secousses et mauvaises surprises sont à craindre ?

Une deuxième vague de contagion peut se produire, c’est ce que rappellent tous les épidémiologistes. Et puis, si le coronavirus recule, nul ne sait encore quelle forme prendra la reprise économique, quelle sera son allure. Les analystes dissertent sur la courbe de la reprise en U, en V ou en L. C’est le plus mauvais scenario, avec une consommation qui ne se relève pas ou très peu. À cause de la peur du lendemain, et du chômage qui sera la conséquence la plus lourde des faillites d’entreprise. Étant donné le niveau d’endettement record des sociétés, beaucoup d’entre-elles vont disparaître. Le pire de la crise économique est encore devant nous. Cette perspective est connue des traders, mais ne les affole pas plus que ça car ils ont pour le moment le puissant soutien de la Réserve fédérale. La banque centrale américaine s’est engagée dans un vaste programme de rachat de la dette des entreprises, y compris des plus mal en point. Ce programme démarre aujourd’hui. Voilà de quoi entretenir l’insouciance des marchés mais aussi de quoi alimenter de nouvelles bulles financières.

EN BREF

Les patrons européens exigent une relance européenne de l'économie. Dans une tribune commune publiée aujourd'hui les représentants des organisations patronales italiennes, allemandes et françaises réclament une relance massive sur le long terme, sur au moins 5 ans, et d'un montant équivalent à 5% du PIB. D'après eux la réponse à la crise doit être européenne, pilotée par Bruxelles, et pas seulement nationale.

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