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Aujourd'hui l'économie

Industrie française : le changement c’est maintenant ?

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L'industrie française donne des signes de redressement.
L'industrie française donne des signes de redressement. AFP Photo/Philippe HUGUEN

Dans la France d’après le coronavirus, regagner la souveraineté industrielle figure parmi les nouvelles priorités du gouvernement. Un espoir de relance pour ce secteur en déclin, avec encore beaucoup de points d’interrogations.

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Sur le versant radieux du déconfinement émergent déjà des projets industriels en phase avec ce credo. SEB, le champion de la cocotte-minute se lance dans l’assemblage du vélo électrique haut de gamme Angell, imaginé par Marc Simoncini, l’entrepreneur du Net consacré par la réussite du site de rencontres Meetic. L’idée est antérieure au coronavirus mais son annonce faite ce dimanche tombe à point nommé pour illustrer cette volonté de faire local. Les deux tiers de la valeur ajoutée seront dégagés sur le territoire français, promettent les industriels. En phase avec les nouvelles demandes de mobilité en France et à l’étranger, sur un marché largement dominé par la Chine. Il n’y a toutefois pas de miracle : le moteur et la batterie de ce vélo tricolore seront toujours importés de l’atelier du monde.

La démondialisation est-elle une mission impossible ?

Relocaliser massivement parait peu probable. D’abord parce que l’exposition de la France aux produits fabriqués en Chine est très forte : elle a quintuplé entre 2000 et 2014. Contrairement à l’Italie ou à l’Allemagne, la France a préféré acheter plutôt que faire elle-même et si les industriels français ont démontré leur habileté à se reconvertir dans l’urgence, ils ne vont pas nécessairement produire ce qui restera moins cher fabriqué ailleurs. Ils vont cependant certainement revoir leurs chaînes d’approvisionnement : cette nécessité a été l’un des premiers enseignements de la pandémie. Avec la fermeture des usines chinoises en janvier, les industriels ont vivement ressenti les limites de la dépendance à l’égard de la Chine. Et quand le coronavirus a gagné l’hexagone, ils ont compris brutalement le caractère essentiel de la production, selon Philippe Varin, le président de France Industrie. La pandémie a révélé le déclin de l’industrie. Pour autant, cela ne signifie pas qu’elle va contribuer à son sursaut.

Les industriels pour l'instant pessimistes sur leur avenir

Christopher Guérin, le patron de Nexans, le fabricant de câble, pense qu’il faut d’abord préserver les emplois existants avant de penser à relocaliser. Philippe Darmayan, le président de l’Union des Industries Métallurgiques, joue les Cassandre : cette catastrophe pourrait même précipiter le déclin car les usines françaises accusent un retard dans la reprise du travail. D’après l’étude publiée la semaine dernière par le quotidien Les Echos, elles ne fonctionnent qu’à 67 % de leur capacité de janvier, alors que les concurrentes espagnoles, britanniques et allemandes sont toutes passées à la vitesse supérieure, en partie parce qu’elles ont moins ralenti la production pendant la période de confinement. Les flux se réorganisent très vite : manquer le rendez-vous du déconfinement pourrait être fatal aux usines françaises. Le souvenir de 2008 est encore cuisant : la crise financière a fait plonger la production industrielle française. En 2019, elle n’avait toujours pas retrouvé le niveau d’avant 2008.

Quel rôle peut jouer l’État dans ce sursaut ?

Un rôle essentiel en soutenant massivement les industries considérées comme stratégiques. C'est ce que font les États-Unis, en débloquant par exemple rapidement des fonds afin que Sanofi accélère la recherche du vaccin contre le coronavirus. Cette capacité de soutien et cette réactivité manquent encore à l’Europe, et à la France en particulier.

En bref

Le Japon est entré en récession, avec un deuxième trimestre consécutif de contraction de l’activitéde -0,9 % par rapport au précédent. En fait, l’archipel a abordé la pandémie en étant déjà affaibli par un net recul du PIB fin 2019, provoqué par la hausse de la TVA. Le pire est à venir : ce trimestre, le PIB nippon pourrait chuter de 10 %.

Aux États-Unis, les ouvriers de l’industrie automobile doivent reprendre le travail ce lundi, avec un maximum de précaution sanitaire, assurent les dirigeants des trois géants américains, General Motors, Ford et Fiat Chrysler. Par ailleurs, Apple annonce également la réouverture d’une vingtaine de ses magasins américains.

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