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Les dessous de l'infox, la chronique

Twitter et Facebook divergent sur la lutte contre les infox

Audio 03:29
Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 26 mai 2020.
Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 26 mai 2020. AFP/Win McNamee
Par : Sophie Malibeaux

Nouvelle escalade dans la bataille qui oppose Donald Trump aux géants du numérique et tout particulièrement à Twitter. Le président américain a mis ses menaces à exécution ce jeudi 29 mai avec la signature d’un décret visant à modifier le statut des hébergeurs de contenu, en rétorsion à ce qu’il considère comme de la censure de la part de Twitter à son égard.

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Avec ce décret, c’est tout l’édifice des plateformes numériques qui pourrait se trouver fragilisé. Twitter, Facebook et tous les autres opérateurs bénéficient actuellement d’une clause de protection leur permettant de fonctionner, de diffuser du contenu, sans devoir en répondre, sans risquer d’éventuelles poursuites judicaires que pourraient générer certains propos échangés sur leurs sites. Donald Trump a donc décidé de mettre fin à ce régime, et de rendre les hébergeurs responsables des contenus circulant sur leurs plateformes.

C’est une mesure de rétorsion contre la tendance des réseaux à vouloir désormais faire la chasse aux infox et aux manipulations de l’information les plus flagrantes et les plus dangereuses. Cette tendance du fact checking ou de la vérification s’est renforcée avec la crise du Covid-19. Qui plus est, à l’approche des élections américaines du 3 novembre, Donald Trump veut y mettre fin.

Rappelons qu’il vient lui-même pour la première fois d’être épinglé pour des tweets qui pouvaient induire les électeurs en erreur d’après le patron de Twitter. C’est ce qui a déclenché la fureur du président sortant qui veut pouvoir twitter à sa guise, sans que les hébergeurs de ses messages ne s’en mêlent.

Officiellement, Trump défend « la liberté d’expression »

De son point de vue, Donald Trump défend ainsi la liberté d’expression. Il doit pouvoir dire par exemple, que ceux qui prônent le vote par correspondance sont en train de truquer les élections, sans que twitter ne demande à ce que ses assertions soient vérifiées. Sinon, estime le Président, il y a interférence de la part de Twitter. Mais c’est aussi pour Donald Trump une stratégie de campagne, que de s’en prendre aux géants du numérique, aux « big tech » de la Silicon Valley, qui selon lui agissent de façon biaisée à l’encontre des conservateurs, et menacent sa réélection.

Réactions en ordre dispersé

En fait, Donald Trump n’a pas un front uni en face de lui, contrairement à ce qu’il prétend. Au moment où Twitter subissait les foudres du président, le patron de Facebook Marc Zuckerberg rappelait sa différence. Ce mercredi sur Fox News il estimait que les plateformes ne devaient pas s’ériger en arbitre de la vérité. Facebook signale parfois les contenus douteux, mais pas ceux des politiciens. Une position pleine d’ambiguïté, dont Zuckerberg est coutumier.

Des obstacles juridiques et constitutionnels

Il est néanmoins peu probable que le décret puisse s’appliquer de façon imminente, car les objections sont nombreuses, sur le plan juridique et constitutionnel. Le premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui défend la liberté d’expression, pourrait être invoqué pour l’en empêcher. D’autant que ce que Donald Trump appelle de la « censure », n’est souvent qu’un avertissement au lecteur, l’appelant à vérifier l’information. Le concernant, les plateformes n’ont jamais éliminé un seul de ses tweets. Par ailleurs un décret ne suffit pas à modifier la loi fédérale, pour cela il faudrait une loi. Il en a chargé son ministre de la justice. Mais pour l’instant, on en est encore au stade de l’intimidation.

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