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Fréquence Asie

Hong Kong: un militant prodémocratie témoigne, «nous ne nous résignerons pas, malgré tout»

Audio 02:57
Des activistes pro-démocrates sont rassemblés, le 20 juin 2020, pour rendre hommage au manifestant mort, il y a un an, après avoir chuté d'un échafaudage pour avoir accroché une bannière contre le projet de loi d'extradition.
Des activistes pro-démocrates sont rassemblés, le 20 juin 2020, pour rendre hommage au manifestant mort, il y a un an, après avoir chuté d'un échafaudage pour avoir accroché une bannière contre le projet de loi d'extradition. Anthony WALLACE/AFP

L’été dernier, des millions de Hong-kongais descendaient dans la rue pour protester contre une loi d'extradition qui devait permettre de juger en Chine toute personne arrêtée à Hong Kong, un projet finalement retiré. Mais aujourd’hui, un an plus tard, rien ne semble gagné.

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Pékin vient d’imposer une loi interdisant toute insulte à l’hymne chinois et passe en force pour dicter une loi très controversée sur la sécurité nationale. Les Hong-kongais restent donc vent debout - comme témoigne Justin, un militant pro-démocratie âgé de 24 ans, est tiraillé entre colère et désillusion.

Justin : Je me suis parfois trouvé en première ligne dans des heurts avec la police J’ai été devant, à éteindre des bombes lacrymogènes, mais je n’ai jamais participé aux jets de cocktails Molotov. Pendant des décennies, nous étions tous partisans d’une lutte non-violente. Mais on a réalisé que peu importait combien de Hong-kongais descendaient dans la rue, que l’on soit un voire deux millions, les autorités s’en fichaient. Donc, je pense que nous devons renforcer nos actions pour montrer au monde que nous sommes mécontents de notre gouvernement.

RFI : Craignez-vous que la Chine grignote une par une vos dernières libertés ?

Nous les avons déjà perdues. La loi sur l’hymne national est passée et le fait que le Parti communiste chinois puisse imposer une loi à Hong Kong est bien la preuve que la Chine néglige complètement notre propre système législatif : notre liberté et l’indépendance de notre système législatif sont déjà anéantis.

Comptez-vous, malgré tout, continuer votre lutte pour la démocratie ou éprouvez-vous parfois un tel sentiment de désillusion face à la mainmise de la Chine sur Hong Kong que vous avez envie d’y renoncer ?

Moi, j’ai été pessimiste depuis le premier jour de mon engagement. Mais c’est de ma responsabilité de faire entendre ma voix. Si je ne le fais pas maintenant, dans quelques années je ne pourrai plus me regarder dans la glace. Nous devons rester engagés. Nous devons montrer au monde que nous ne nous résignerons pas, que nous continuerons à nous battre pour notre liberté !

Le Royaume-Uni compte proposer des passeports à près de trois millions de Hong-kongais. Songez-vous à partir pour vivre ailleurs ?

Je n’ai jamais voulu quitter Hong Kong. C’est mon pays natal, j’ai grandi ici, ma famille et mes amis sont ici. Mais à vrai dire, Hong Kong n’est plus Hong Kong. Donc, nous sommes bien obligés de réfléchir à une porte de sortie. Je comprends que beaucoup de mes amis envisagent de s’exiler. Moi aussi. Heureusement, je suis né avant la rétrocession de 1997 et je peux donc renouveler mon passeport britannique. Je suis en train de faire cette démarche. Lorsque la situation se dégradera encore plus et que Hong Kong sera totalement sous emprise chinoise, je quitterai le territoire pour vivre au Royaume-Uni ou ailleurs.

Qu’attendez-vous des États-Unis et de l’Europe ?

Nous nous battons pour une cause juste. La communauté internationale ne doit pas ignorer Hong Kong, cette ville si développée, moderne et démocratique. Si cela peut arriver ici, ça pourra arriver ailleurs. disons donc à la Grande-Bretagne, à la France, à l’Allemagne et aux États-Unis : ‘Votre liberté n’est pas une évidence, un jour vous pouvez la perdre.’ C’est pour cette raison que tout le monde doit savoir ce qui se passe à Hong Kong et je suis très reconnaissant que beaucoup de pays occidentaux nous soutiennent.

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