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Aujourd'hui l'économie

Covid-19: Boris Johnson prépare la relance du Royaume-Uni

Audio 04:01
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson au 10 Downing street, le 25 mai 2020.
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson au 10 Downing street, le 25 mai 2020. Andrew Parsons/10 Downing Street/Handout via REUTERS

Le Premier ministre britannique doit annoncer, ce mardi, son programme de relance de l’économie frappée par l’épidémie de Covid-19. Une politique qu’il promet « rooseveltienne » en référence au président américain Franklin D. Roosevelt qui, dans les années 1930, avait mis en œuvre son New Deal pour faire sortir les États-Unis de la crise.

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Boris Johnson cherche à rassurer ceux qui gardent un souvenir amer de l’après crise de 2008. Le Premier ministre britannique a promis qu’il ne renouerait pas avec la politique d’austérité mise en place par David Cameron. Il préfère miser sur les investissements publics et compte doubler ceux qui étaient déjà prévus tout en continuant à aider les ménages et entreprises.

Quelques grandes lignes ont été tracées. Le programme prévoit des projets d'infrastructures pour 5 milliards de livres. Au menu : la reconstruction d’une cinquantaine d’écoles pour un milliard de livres. Devrait aussi être annoncée l'accélération d'une série de projets dont la construction d'hôpitaux, de logements, de routes et de voies ferrées, des infrastructures pour le haut-débit.

Case prison

La reprise passe aussi par la case prison. Plusieurs nouveaux centres d'incarcération vont émerger avec un double objectif affiché : réduire la criminalité et créer des milliers d’emplois.

Des investissements qui vont encore alourdir la dette publique qui a dépassé les 100% du PIB, une première depuis 1963. Cette envolée est liée à l’effondrement de l’activité et aux aides déboursées par l’État pour surmonter cette période. 133 milliards de livres (145 milliards d'euros) ont déjà été injectées en urgence. Et réussir la reprise, c’est essentiel pour Boris Johnson. Très critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire, c’est la popularité de son gouvernement dans les sondages qu’il doit également faire rebondir. Mais, la tâche est immense. L’épidémie de Covid-19 a sabré le PIB britannique qui s’est écroulé de plus de 20% en avril, un record ! Pour 2020, la Banque d’Angleterre s’attendait, en mai, à un recul de 14% auquel devait succéder un fort rebond en 2021 (+ 15%). Un mois plus tard, le FMI s’est montré plus optimiste pour cette année avec une chute prévue de 10,2% du PIB du Royaume-Uni mais plus pessimiste pour la suite n’envisageant qu’un rebond de 6,3%.

Suppressions de postes en perspective

Concrètement, selon l’ONS, l’organisme national de statistique, 12,5 millions de personnes ont souffert financièrement de l’épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour l’enrayer.

L’augmentation du nombre de personnes inscrites pour des allocations liées au chômage, est passé de 1,2 millions en mars à 2,8 en mai, selon la bibliothèque de la Chambre des communes. Cela ne veut pas forcément dire qu’ils ont tous perdu leur travail. Certains sont peut-être toujours en emploi mais ont vu fondre leurs revenus.

Pour l’instant, l'ONS n'a pas annoncé de taux de chômage qui grimpe en flèche. Mais, les plans de suppressions de postes se multiplient : la Royal Mail ; la compagnie aérienne Easyjet ; plus de 6000 suppressions de postes ont déjà été annoncées en juin dans l'automobile. Au total, un emploi sur six pourrait disparaitre dans le secteur selon la SMMT, l'association de l'industrie automobile britannique. Les professionnels demandent plusieurs mesures comme l'accès à des financements d'urgence, une flexibilité dans le travail et des allégements fiscaux.

Et cette la saignée pourrait n’en être qu’à son début. Richard Lim, directeur général du cabinet de recherche Retail Economics, estime que dans la distribution, beaucoup d’entreprises pourraient commencer à licencier lorsque les mesures de chômage partiel commenceront à être supprimées fin août.

Du « New deal » au risque de « No deal »

À cela s’ajoute l’incertitude sur la suite des relations avec l’Union européenne. Londres et Bruxelles ont jusqu’à la fin de l’année pour se mettre d’accord, faute de quoi au 1er janvier 2021 se sont les règles de l’OMC qui s’appliqueront avec leurs lots de droits de douanes élevés et de contrôles poussés.

Les deux parties ont initiés, ce lundi 29 juin, un marathon de cinq semaines de négociations. Boris Johnson souhaite être fixé d’ici fin juillet sur la possibilité d'un compromis. Mais, les discussions ont peu avancé pendant la crise sanitaire et les Européens sont davantage concentrés sur leur plan de relance de l’économie. Michel Barnier, le négociateur européen pour le Brexit, fixe plutôt le moment de vérité au mois d’octobre.

Un Brexit sans accord serait un coup dur pour certains secteurs britanniques comme l’automobile qui exporte beaucoup. La SMMT assure qu’après le Covid, le secteur n’a ni les capacités ni le temps de se préparer à un nouveau choc.

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