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Aujourd'hui l'économie

Covid-19 : le secteur de l'habillement souffre

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Les ouvriers, notamment ceux de l'industrie textile, sont les premières victimes de la crise économique qui touche le Pakistan.
Les ouvriers, notamment ceux de l'industrie textile, sont les premières victimes de la crise économique qui touche le Pakistan. Nadia Bletry / RFI

Le secteur de l'habillement, comme beaucoup d’autres, tangue après le passage de la vague épidémique. Les annonces de procédures de sauvegardes et autres redressements judiciaires se sont multipliées ces derniers mois dans l’hexagone.

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La Halle, du groupe Vivarte ; le chausseur André, une ancienne marque du groupe ; Naf Naf ont été placés en redressement judiciaire depuis le début du confinement. La marque du « Grand méchant look » a depuis trouvé un repreneur, qui ne conservera que 75% des emplois.

Celio, spécialisé dans la mode masculine, a demandé la semaine dernière une mesure de sauvegarde faute d’avoir pu trouver un arrangement avec ses banques. Et avec 100 millions d’euros de manque à gagner entre les mois de mars et de mai, le cap est dur à passer. D'autant plus que le déconfinement n’a pas suffi aux boutiques de prêt-à-porter pour retrouver une activité normale. Selon l’Alliance du commerce, les enseignes de l'habillement ont enregistré en mai, à périmètre comparable, une baisse de 20,9% de leur chiffre d'affaires, ventes en ligne comprises.

Plusieurs de ces enseignes étaient déjà très, très fragiles. Cela rend d'ailleurs Yves Veyrier soupçonneux. Au cours d’une manifestation des salariés d’André, le secrétaire général de Force Ouvrière, a jugé inadmissible d’utiliser « la crise sanitaire pour des opérations financières ».

Par ailleurs, il est vrai que les enseignes fortement implantées en France sont entrées dans le confinement déjà fragilisé par la grève dans les transports et, avant ça, les manifestations des «gilets jaunes». Mais, le choc de la crise du coronavirus a en effet été pris de plein fouet bien au-delà des frontières de l’hexagone.

Près de 40% des entreprises du secteur s'attendent à un impact «bien pire» que celui de la crise financière de 2008, selon un sondage d'Euromonitor International.

Première perte nette pour Inditex depuis 2001

Les marques phares du prêt-à-porter ne sont pas épargnées. À commencer par l'Espagnol Inditex, numéro un de la mode rapide avec Zara. Le groupe a essuyé au premier trimestre, sa première perte nette depuis son entrée en Bourse en 2001. Et elle n’est pas des moindres : 409 millions d'euros en négatif.

Néanmoins, sa solidité financière et sa gestion des stocks ont permis à Inditex de continuer à payer les salaires sans avoir recours au chômage partiel. Un cas exceptionnel.

L’enseigne britannique Primark aurait certainement licencié du personnel si quelque 68 000 salariés en Europe n’avaient pas bénéficié du chômage partiel. Il faut dire que la marque à bas coût affirme n’avoir rien vendu entre le 22 mars et le 21 avril. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires du Suédois H&M a été divisé par deux. L’Américain GAP accuse lui une perte nette de 900 millions de dollars au premier trimestre.

Quelle reprise pour la fast-fashion ?

Reste à savoir si la fast-fashion, la mode rapide, pourra se reprendre dans des délais brefs. Les collections se renouvellent très vite, les stocks de mars ne correspondent donc plus forcément à la saison.

Par ailleurs, les consommateurs vont sans doute rester prudents en cette période de crise.

Et puis, les amateurs de shopping, y prendront-ils toujours plaisir dans les semaines, les mois qui viennent ? Margueritte Le Roland, analyste d’Euromonitor, est plutôt pessimiste sur la question en raison des nouvelles règles sanitaires et des mesures de distanciation sociale. Les repreneurs des chemises britanniques TM Lewin misent d'ailleurs désormais tout sur internet. Les magasins ne rouvriront pas.

Enfin, les envies ont peut-être changé. Pendant le confinement, les ventes de tenues de sport et de vêtements amples ont grimpé. Alors, retour au « sophistiqué » ou mode durable du « confortable » ? C’est une question que les marques doivent tenter d'élucider.

Les mauvais résultats médiocres dans les magasins, cela a évidemment des conséquences de l'autre côté de la chaîne de production.

Choc pour le Bangladesh

Le choc est rude en particulier au Bangladesh, deuxième exportateur mondial de prêt-à-porter. Les expéditions ont chuté de 84% sur un an en avril. Près de 3 milliards 200 millions d'euros de commandes ont été annulés ou reportés selon l'Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh.

Or, avant la pandémie le prêt-à-porter représenter 80% des exportations du pays et plus de 4 millions d'emplois. Du jour au lendemain, des centaines de milliers d'ouvriers se sont donc retrouvés sans travail.

Pour survivre, certaines entreprises s'adaptent à la 'mode' du moment : les équipements de protection comme des combinaisons. Au moins, une trentaine d'usines se sont déjà lancées dans cette production. Et selon la BMGEA, ce chiffre augmente. Il n'empêche, beaucoup d'ouvriers restent au chômage.

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