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Revue de presse française

À la Une: le nouveau gouvernement, le changement dans la continuité

Audio 04:09
Le Premier ministre français, Jean Castex, lors de sa passation de pouvoir à Matignon, le 3 juillet 2020.
Le Premier ministre français, Jean Castex, lors de sa passation de pouvoir à Matignon, le 3 juillet 2020. REUTERS/Charles Platiau

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Pas de grands bouleversements… Le nouveau gouvernement dirigé par Jean Castex s’inscrit dans la trajectoire du précédent, avec une orientation centre-droit, et quelques surprises qui retiennent l’attention des commentateurs ce mardi matin.

« La revenante, la verte et le tonitruant », titre Libération. Un titre qui sent bon le western-spaghetti, en hommage à Ennio Morricone, dont on a appris la mort lundi. « La revenante, la verte et le tonitruant », c’est dans l’ordre, Roselyne Bachelot à la Culture, Barbara Pompili à l’Écologie et l’avocat Éric Dupond-Moretti à la Justice.

Commentaire de Libé : « Emmanuel Macron, depuis son installation à l’Élysée, s’est appliqué à se bâtir une image de déplorable directeur de ses ressources humaines. Une réputation qu’il doit à son soutien prolongé à Alexandre Benalla, au départ tonitruant de Nicolas Hulot, à son refus de se séparer plus tôt de Christophe Castaner. Il n’est pas sûr que les surprenantes arrivées au gouvernement d’Éric Dupond-Moretti à la Justice et de Roselyne Bachelot à la Culture, ou le transfert de Gérald Darmanin à l’Intérieur, lui permettent d’inverser la tendance. (…) Le casting peu renouvelé de ce premier gouvernement Castex démontre une nouvelle fois la pauvreté du vivier à la disposition du chef de l’État. »

Des puncheurs ?

Le Parisien n’est pas d’accord : « Après les technos, les puncheurs », s’exclame le journal. « Emmanuel Macron vient de se doter d’une équipe de combattants. Exit les personnalités les plus effacées ou qui ne parvenaient pas à porter clairement le message dans les médias, comme Nicole Belloubet ou Muriel Pénicaud… Bienvenue aux spécialistes des plateaux télé, aux habitués de la joute verbale, aux professionnels de la politique spectacle. Spectaculaire, c’est bien le mot, pointe Le Parisien, pour qualifier l’entrée au gouvernement d’Éric Dupond-Moretti au poste de ministre de la Justice (le célèbre avocat pénaliste s’apprêtait à faire une chronique judiciaire sur une radio privée) ! Roselyne Bachelot aussi va abandonner les studios de télévision pour revenir à la vie politique. Des professionnels de la com’ à deux ans d’une présidentielle, cela a du sens. »

Plouf ?

« Deux vedettes et après ? », s’interroge Le Midi Libre. « Roselyne et le lion. Ce n’est pas du cinéma avec des vedettes, c’est tout simplement le nouveau casting du gouvernement. Et puis c’est tout. (…) On avait oublié un élément qui, en politique, a déjà fait ses preuves : pour que tout bouge, il faut que rien ne bouge. Et c’est bien là notre déception, soupire encore Le Midi Libre, à la lecture des noms figurant dans ce gouvernement. »

« Le pouvoir macroniste n’attire plus, constate Sud-Ouest ; aucune personnalité du PS, d’Europe Écologie ou de LR ne veut aujourd’hui prendre le risque de quitter un parti que les municipales ont requinqué. Quant à la marque de Jean Castex, on la cherche en vain, hormis dans cette absence de grands pôles ministériels que souhaitait Macron, mais dont le Premier ministre ne voulait pas. Encore un effet blast qui fait plouf. »

Un « nouveau chemin » déjà emprunté…

« Politiquement, ce remaniement n’en est en fait pas un, regrettent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. C’est une opération tiroir. Très peu de sortants et donc, par conséquent, très peu d’entrants. 8 nouveaux ministres sur 31, pas de quoi crier à la révolution. Ou ne serait-ce que dessiner un nouveau chemin. »

La Charente Libre est sur la même ligne : « Le "nouveau chemin" annoncé par un Emmanuel Macron prêt à se "réinventer" ressemble beaucoup à la voie précédente. Ni coup de volant, ni changement de braquet : le conducteur de la République a choisi de garder peu ou prou la même voiture gouvernementale, délestée de quelques cylindres dévoués mais grippés (Castaner, Pénicaud, Belloubet, Ndiaye) et ornée de deux nouveaux accessoires bling-bling (Bachelot et Dupond-Moretti) pour donner un coup d’accélérateur jusqu’à 2022. »

À droite toute !

En tout cas, « cap à tribord ! », se réjouit pour sa part Le Figaro. « Jean Castex, ancien secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy, aura pour ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, l’un des fils spirituels de l’ancien président. Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite, poursuit sa tâche à la tête de l’Économie. Jean-Michel Blanquer, ami intime de François Baroin, conserve le ministère de l’Éducation nationale. À la Culture, Roselyne Bachelot, ancienne ministre de François Fillon, succède à un élu de centre-droit. Subsistent çà et là quelques Marcheurs un peu perdus dans leur propre pays, d’éminents socialistes dont la rose a fané depuis longtemps, une figure écologiste qui ne brandira pas la décroissance en étendard. S’il fallait donner une couleur à cette nouvelle équipe, dont Christophe Castaner et Nicole Belloubet ont été exfiltrés, le bleu l’emporterait largement sur le rose et sur le vert. »

Bref, résume Ouest-France, « si les entrées d’Éric Dupond-Moretti à la Justice et de Roselyne Bachelot à la Culture attirent l’attention, ce gouvernement dit "de combat" est, en réalité, tout en continuité. Officiellement pensé pour affronter la crise économique et sociale qui vient, il est aussi un gouvernement de combat électoral, calibré pour conduire Emmanuel Macron à la victoire en 2022. Sans changement de cap par rapport à 2017. Mais avec un coup de barre à droite. »

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