Aujourd'hui l'économie

Pourquoi les bourses chinoises s’emballent

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Le rebond des bourses s'expliquent en partie par le retour de la confiance (Photo d'illustration).
Le rebond des bourses s'expliquent en partie par le retour de la confiance (Photo d'illustration). REUTERS/Stringer

Les bourses du monde entier ont entamé la semaine dans une forme resplendissante, visiblement gagnées par l’euphorie des places chinoises. Comment expliquer ce très net rebond des marchés de la Chine communiste ?

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La première explication est assez politique : les boursicoteurs ont été fermement encouragés à investir, pour des raisons quasiment patriotiques. Lundi matin, un édito publié à la une du principal quotidien financier chinois a appelé les investisseurs à soutenir ce marché haussier face aux tensions internationales. Depuis vendredi, la presse chinoise souffle le chaud également en s’extasiant sur le regain de la bourse. Un message reçu cinq sur cinq par les spéculateurs qui sont souvent en Chine des particuliers, prompts à faire travailler leur épargne sur l’un des rares marchés susceptibles de leur rapporter des gains rapides. Shanghaï a gagné près de 6% lundi et Shenzhen 4%, et ça continue ce lundi. Des hausses tout à fait stupéfiantes. Qui s'explique aussi par le retour de la confiance. Maintenant que la menace de la pandémie s’atténue, les investisseurs chinois veulent croire à la reprise, des bons chiffres sur la croissance chinoise sont attendus la semaine prochaine. Et ce sont les valeurs incarnant la reprise qui ont le plus progressé, celles des banques, des compagnies aériennes, des mines, ou encore des courtiers.

La bourse de Hong Kong elle aussi est au diapason, avec quatre jours de hausse consécutive

L’entrée en vigueur de la loi chinoise sur la sécurité n’a pas effrayé les milieux financiers de l’archipel, bien au contraire, ils voient en partie dans cette mainmise de la Chine continentale la promesse de gains futurs avec le maintien de l’ordre, et l’afflux des sociétés chinoises. De plus en plus écartées des marchés américains, les grandes entreprises de la Chine continentale ont tendance à se replier sur Hong Kong. C’est surtout leur envolée qui alimente l’euphorie de la bourse de Hong Kong. L’action du constructeur automobile chinois Geely a par exemple gagné 30%. Smic, le plus gros fabricant chinois de semi-conducteurs a lui aussi été la vedette de l’indice Hang seng lundi en gagnant 20% en une séance après avoir annoncé son intention de lever plus de 6 milliards de dollars sur la bourse de Shanghaï. D’ailleurs, d’après des observateurs, il n’y a pas que la presse gouvernementale chinoise qui pousse la bourse à la hausse, des courtiers réputés proches du gouvernement seraient aussi à la manœuvre selon le Financial Times.

Une bulle financière est-elle en train de se former sur les bourses chinoises ?

On a en tête le précédent de 2015. Shanghaï avait alors effacé 30% de sa valeur en quelques semaines, ruinant ainsi des millions de petits porteurs. Il y a des différences notables : d’abord, même si les autorités poussent à la roue, par crainte aussi que les capitaux chinois ne s’évaporent vers des places plus lucratives, elles surveillent de près cet emballement pour éviter la répétition de 2015 ; et puis la situation n’est pas tout à fait comparable, le prix des actions est aujourd’hui beaucoup plus bas, le marché a donc une belle marge de progression, enfin les investisseurs ont deux fois moins recours à l’endettement pour financer leurs aventures boursières, ce qui réduit d’autant les risques de violent retour du bâton. Les grandes banques internationales qui se sont longtemps méfiées de ces bourses chinoises encore très étroites comparées aux places occidentales croient à leur potentiel de hausse. La Japonaise Nomura a réalloué une partie de ces actifs sur les places asiatiques, estimant que c’est dans cette partie du monde que les prochains profits seront les plus juteux.

 

EN BREF

Les géants américains de la tech suspendent toute collaboration avec les autorités de Hong Kong concernant les données de leurs utilisateurs

Facebook, Google et Twitter refuseront à l'avenir de fournir des données confidentielles aux autorités locales. Une décision motivée par la mise en œuvre de la loi chinoise sur la sécurité, qui restreint les libertés publiques sur l'archipel. L'application TikTok, très populaire chez les jeunes, a décidé de son côté de se retirer de Hong Kong.

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