Reportage Afrique

RDC: une initiative pour raviver le souvenir du roi Lusinga

Audio 02:16
Thierry Lusinga et une photographie du crane du roi Lusinga.
Thierry Lusinga et une photographie du crane du roi Lusinga. RFI/Denise Maheho

En RDC, des organisations tentent de faire revivre la mémoire du roi Lusinga, héros de la lutte contre la pénétration coloniale, décapité en 1884 lors d’une expédition punitive et dont le crâne et les attributs de pouvoir avaient été ramenés en Belgique comme trophée de guerre par le capitaine Emile Storms.

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Faire revivre le souvenir du roi Lusinga Lwa Ngombe, c’est l’objectif de la Fondation Lusinga, dont le siège est sur l’avenue Upemba, à Lubumbashi. Thierry Lusinga, qui se présente comme un membre de la famille royale, organise la visite.

Ici, deux photos illustrent ce roi de l’ethnie Tabwa qui a régné dans les années 1884, celle de son crâne et de sa statue. « Là c’est le roi Lusinga lui-même, pas féroce, mais avec un regard vers l’avenir. Là, vous avez l’histoire de la famille, c’est une ébauche nous n’avons pas encore mis tout au propre, c’est intitulé "Une histoire méconnue par la communauté, mais conservée par le colonisateur" », indique Thierry Lusinga.

« Une figure de premier plan pour ce qui est de la résistance à la colonisation »

Mais qui est Lusinga ? Pour répondre à cette question, il faut retrouver à l’autre bout de la ville, au quartier Meteo de Lubumbashi, le professeur Fernand Kanyeba. Il est membre du groupe Murumbi, une structure des scientifiques qui entend elle aussi faire connaître cette figure de l’histoire de la RDC.

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« Lusinga était un roi dans les anciens royaumes du Congo », raconte Fernand Kanyeba. « Les autres rois acceptaient la colonisation contre de petits cadeaux de rien du tout. Mais lui, quand il a compris que le contrat qu’on lui proposait était pour transférer son pouvoir à l’homme blanc qui venait, au colonisateur, il a refusé, il a accepté d’être décapité. Il représente une figure de premier plan pour ce qui est de la résistance à la colonisation », soutient-il.

La transmission pour faire revivre le roi Lusinga

Quoi qu’il en soit, le roi Lusinga n’est pas aussi connu du public congolais que d’autres rois de l’époque. Voilà qui motive les deux organisations à mener des actions pour le faire revivre. « J’ai essayé de reconstituer l’histoire pour la génération future et actuelle sur le plan scolaire et sur le plan académique puisque Lusinga n’a jamais été enseigné à l’école », explique Thierry Lusinga de la Fondation Lusinga.

Le Groupe Murumbi, lui, envisage des activités plus scientifiques. « Nous allons monter un projet d’histoire orale qui consiste en des recherches de terrain. À l’issue de ces recherches, nous voulons ériger un musée en sa mémoire et même un mausolée et l’endroit le plus accessible c’est Kala qui se situe à peu près 25 kilomètres de la cité de Moba et cela sera bien sûr accompagné d’une publication », détaille le professeur Fernand Kanyeba

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Et grâce à ces actions, certains jeunes se disent inspirés par la philosophie du roi Lusinga. « Nous voulons apprendre à tous les Africains à travers lui que nous avons une terre à défendre. Et apprendre aux Occidentaux que nous ne sommes pas des moins que rien, vous ne pouvez pas tuer comme vous voulez », dit Luc Tenday, un des membres de la fondation.

Il y a près de deux ans, le groupe Murumbi a fait une première demande officielle de restitution des restes humains de Lusinga conservés en Belgique.

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