Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Le pèlerinage de La Mecque en format réduit: nouvelle plaie pour l’économie saoudienne

Audio 04:05
Des policiers saoudiens gardent la Kaaba, la pierre noire, dans l'enceinte de la Mosquée sacrée de La Mecque, interdite aux rassemblements pour lutter contre le coronavirus, le 24 avril 2020.
Des policiers saoudiens gardent la Kaaba, la pierre noire, dans l'enceinte de la Mosquée sacrée de La Mecque, interdite aux rassemblements pour lutter contre le coronavirus, le 24 avril 2020. STR / AFP

Le pèlerinage de la Mecque a commencé hier mercredi dans un format restreint: à cause du coronavirus, seulement 10 000 croyants ont été autorisés à participer contre deux millions 500 000 en 2019. C’est un nouveau choc économique pour le royaume saoudien.

Publicité

Avec la chute des cours du pétrole, causée par la paralysie mondiale de l’économie, l’Arabie saoudite a déjà perdu cette année la moitié de ses revenus pétroliers par rapport à l’an dernier. Ce pèlerinage au rabais, c’est un autre coup de massue pour l’économie : un manque à gagner d’environ 15 milliards de dollars en incluant les revenus du petit pèlerinage, la oumra. Les revenus issus du tourisme religieux représentaient en 2019 7% du PIB. Les 500 000 personnes travaillant dans ce secteur sont aujourd’hui au chômage et les chantiers permanents qui transforment les lieux saints de l’islam en cité pharaonique à même d'accueillir quatre fois plus de monde sont partiellement suspendus. Le groupe de BTP Ben Laden qui doit construire un méga complexe hôtelier sur les hauteurs de la Mecque a été très affecté par le coronavirus. Sur le plan sanitaire, ses salariés pour la plupart étrangers vivant dans des conditions précaires de grande promiscuité ont été fortement contaminés. Et sur le plan économique, le coup d’arrêt à ses activités a fait bondir sa dette. À partir du mois de mai certains de ses employés se sont plaints de ne plus recevoir leurs salaires.

Le coronavirus remet-il en cause le développement du tourisme prévu dans le plan Vision 2030 ?

Le plan global du prince Mohammed Ben Salmen pour faire basculer son pays de la rente pétrolière vers une économie productive d'ici dix ans sera évidemment retardé, voire remis en cause par la circulation du coronavirus. L’essor du tourisme religieux en est l'un des piliers. D’ici la fin de la décennie Riyad espère décupler les revenus de cette activité en accueillant 6 millions de croyants pour le hadj et 30 millions pour la oumra. Ces objectifs doivent être revus à l’aune des risques sanitaires qui vont durablement planer sur de tels rassemblements. Et les investissements prévus dans le cadre de Vision 2030 pourraient être revus à la baisse. Faute d’argent dans les caisses du royaume. Cette année le déficit dépassera la barre des 10% du PIB. Le royaume a encore une signature très appréciée sur le marché de la dette, il lève encore facilement des capitaux pour boucler son budget mais cela ne suffit pas, le moment est venu de faire des coupes drastiques dans les dépenses.

Contrairement à de nombreux pays paralysés par la pandémie l'Arabie saoudite a fait le choix de l'austérité

Avec un baril à 40 dollars l'Arabie n'a plus les moyens de maintenir les prodigalités accordées aux sujets du royaume. Pas question donc de faire de la relance pour sauver l'économie. Bien au contraire. Des allocations sociales ont été supprimées dès le mois d'avril. Notamment l'aide versée aux fonctionnaires. Et depuis le début de ce mois la TVA a triplé, passant de 5 à 15%. D'autres ressources doivent être trouvées. Pourquoi pas via des privatisations. Lors d'un récent colloque le ministre des Finances a brisé un tabou en évoquant la mise en place d'un impôt sur le revenu, ce qui n'a jamais existé dans cette monarchie pétrolière. Ce ballon d'essai a été rapidement démenti par le palais mais il indique bien à quel point l'Arabie est en train de rompre avec le train de vie fastueux qui a longtemps assis la légitimité de la famille régnante. Un changement de paradigme économique qui pourrait avoir des répercussions politiques.

►En bref

Le Maroc lance un plan de soutien à l'économie d'un montant de 10 milliards d'euros

Cela représente 11% de son produit intérieur brut. Le roi Mohammed VI a annoncé la création d'un fonds d'investissement stratégique pour soutenir les investissements et la généralisation de la protection sociale pour tous les marocains. Le Maroc s'attend à vivre cette année la pire récession depuis 1996.

Huawei coiffe au poteau Samsung pour devenir le premier vendeur mondial de smartphone au deuxième trimestre

Un couronnement qui reste précaire. Le Chinois profite de la faiblesse des ventes du Sud-Coréen. Etant donné ses ennuis avec les Etats-Unis, pas sûr que l'équipementier parvienne à maintenir longtemps sa domination.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.