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Chronique transports

Trotinettes Lime: Brad Bao, l'inventeur couleur limonade

Audio 02:30
Des trottinettes Lime à Paris.
Des trottinettes Lime à Paris. AFP/Philippe Lopez
Par : Marina Mielczarek

Depuis quelques années, elles ont envahi les grandes villes pour le meilleur et pour le pire. Brad Bao, l'heureux concepteur des trotinettes Lime (« citron vert » en français), a réussi à importer son concept dans une centaine de pays. C'est d'ailleurs sa marque, avec une autre, que la ville de Paris a retenu pour renouveller son parc de trottinettes à l'automne.

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Il n’y a bien qu’à son cours de Kendo, l’escrime des Samouraïs, que Brad Bao a l’air sérieux ! Parce que même en costume sur CNN, la télévision américaine, ce chinois éduqué à Wuhan la ville d’où serait partie le coronavirus, et sur le campus de Berkeley Californie a ce sourire et cette décontraction propres aux jeunes patrons de la Silicon Valley. Pourtant, au royaume de la Start up, Brad Bao, 46 ans, fait déjà figure d’ancien. Sept ans au service d’un fond d’investissement sino-américain (Kinzon Capital), suivis de huit autres années au sein de Tencent, l’internet chinois.

Brad Bao, l’ami easy-going, le frère éternel, aussi détendu que déterminé
Pour ceux qu’ils l’ont rencontré, Brad Bao semble être le frère éternel, l’ami rassurant en toutes circonstances, raconte le spécialiste des mobilités au journal Le Progrès, Jean Philippe Cavaillez :

« J’ai rencontré Brad Bao l’an dernier à Lyon, explique-t-il, il effectuait une tournée européenne pour rencontrer les équipes des entreprises Lime basées en Europe. C’est l’exemple type du copain easy-going, comme on dit aux États-Unis, il est détendu, très poli, habillé en sportif, et toujours sympathique. Il m’a fait une très bonne impression. Je ne suis pas dupe, derrière le côté relax se cache un entrepreneur acharné qui veut conquérir l’Europe et avec les énormes levées de fonds (un milliard de dollars depuis 2017) que Lime arrive à faire, Lime va y arriver. Lime, ajoute-t-il, est construite sur un modèle de prise de risques avec des incertitudes dans certaines villes qui ont refusé la société au profit de concurrents. Mais Brad Bao sait que sur le marché des trottinettes en libre-service, il est déjà présent dans 100 pays sur le globe, en trois ans c’est du jamais vu ! Si un marché lui est refusé, il en trouvera un autre. »

Au commencement, Lime avait un autre patron, Toby Sun, sino américain, tout comme Brad Bao, les deux se sont d’ailleurs toujours épaulés. Leur double culture commune a fait d’eux de grands amis et des collègues doublement efficaces. Tenez, rien que le nom, Lime, et le logo, la rondelle de citron vert. L’idée leur est venue en pensant à leur but initial : créer un transport écologique donc vert, qui aiderait la jeunesse pétillante (à l’instar de la couleur verte) à se déplacer sur des roues rondes comme une tranche de citron. Et en plus, pour pas cher. Ce mélange de Chine, où sont d’ailleurs fabriquées les trottinettes Lime, et d’une Californie ensoleillée et rafraîchissante, voilà la force de Lime nous dit Brad Bao joint par téléphone depuis le siège de Lime à San Francisco en Californie :

« Cette double culture, sino-américaine, participe au succès de Lime, raconte-t-il, en prenant le temps de donner les détails de ce succès financier et commercial. Mes origines chinoises font de moi une personne qui investit dans  le long terme. Mon éducation américaine est au contraire une culture de l’efficacité à très court terme. La combinaison des deux est riche ! Et il y a une autre différence fondamentale qui reste également une chance pour moi. La Chine est un pays où l’individu ne compte pas, c’est le groupe le plus important. Les gens y vivent en communauté et privilégient le groupe. Ici, aux Etats-Unis, c’est l’individu qui prime. En fondant Lime, je me suis inspiré de ces deux approches pour adapter nos trottinettes et les messages de communication aux pays dans lequel nous installons nos véhicules. »

Il y a deux semaines, les regrets des licenciements dus à la crise du coronavirus ont été un peu oubliés. L’appel d’offre a été remporté à Paris.

5000 trottinettes Lime supplémentaires à Paris

Un succès important puisque la municipalité achète 5000 trottinettes électriques à chacun des trois opérateurs retenus (Lime, Dott, Tier.) Les critères retenus étaient la responsabilité environnementale, la sécurité des passagers et la maintenance du parc des véhicules.

Apprendre de ses erreurs, Lime est dans 100 pays et crée des campus de formation

Il est vrai que par le passé, Brad Bao a reconnu des erreurs tout en affirmant avoir appris de certains dommages comme la vitesse trop rapide non plafonnée, les parkings sauvages, les trottinettes jetées dans les fleuves ou renversées dans les rues et la mauvaise qualité des roues. Sur le site de l’entreprise, toutes les langues sont disponibles avec la possibilité de faire partie des communautés Lime, d’adhérer aux programmes de formation à l’utilisation et à la communication de l’entreprise.

Brad Bao, un patron disponible

En 2017, lors de la création de Lime, le marché de la trottinette électrique en libre-service était déjà fourni. Mais Lime a été une nouvelle venue différente, agressive certes, nous explique Adrien Lelièvre, expert économique au journal les Echos :

« Lime a su convaincre Uber de participer à ses fonds et en temps de crise sanitaire, ça a été primordial, dit-il. Je trouve que son succès parisien est mérité. Mais si j’étais un peu grinçant, je dirais que l’avantage de Lime c’est son argent ! La société a levé des sommes considérables depuis sa création. Mais en même temps, elle a appris et s’est améliorée parce qu’il faut savoir que comme presque tous les opérateurs, Lime à ses débuts, s’est contenté d’acheter des trottinettes toutes-faites. Mais leur fournisseur chinois Ninebot, leur vendait des produits trop fragiles. Aujourd’hui, les trottinettes Lime ont des plateformes robustes, des plus grosses roues et de bons freins avec des véhicules plafonnés à 20Km/h. Ce sont les modèles les plus performants du marché. »

Et dans dix ans vous serez-où ? Quand on pose la question à Brad Bao il répond qu’il n’en sait fichtre rien tout en précisant sa ligne de vie, être au service de l’humanité, moins polluer et... oui, en fait, il sait... Dans dix ans, il aimerait aider les jeunes entrepreneurs à s’épanouir.   

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