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Invité Afrique

RCA: pour Firmin Ngrébada, Ali Darass fait preuve «de perfidie et de mauvaise foi»

Audio 04:50
Le Premier ministre centrafricain Firmin Ngrébada, lors de son discours d'ouverture du Salon international des mines, des carrières et du pétrole Sémica, à Bangui, le 27 février 2020.
Le Premier ministre centrafricain Firmin Ngrébada, lors de son discours d'ouverture du Salon international des mines, des carrières et du pétrole Sémica, à Bangui, le 27 février 2020. RFI/Gaël Grilhot

La Centrafrique est en plein processus de préparation des élections qui sont prévues pour le 27 décembre 2020. Une partie de la société civile et l'opposition pointe du doigt des difficultés dans ce processus. Un appel à la manifestation a été lancé pour mercredi dans le but de lancer une concertation nationale. Firmin Ngrébada, Premier ministre de la République centrafricaine, répond aux critiques et interrogations au micro de Charlotte Cosset.

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RFI : La semaine dernière le leader du groupe armé Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), Ali Darass, était à Bangui. Le gouvernement a publié une note précisant les termes de l’accord trouvé avec lui. L’UPC a démenti ce week-end les termes de cet accord, cela a créé la confusion. Pouvez-vous nous confirmer en ce début de semaine qu’un accord a bel et bien été conclu avec Ali Darass ?

Firmin Ngrebada : Nous avons parlé de plusieurs sujets : l’occupation de Bambouti, l’alliance avec Sidiki Abass des 3R pour la prétendue protection des Peuls, la relation avec le mercenaire soudanais Moussa Assimeh, la tentative d’entrave à la libre circulation des forces de défense et de sécurité, ainsi que des agents de l’Autorité nationale des élections [ANE]. Au terme de cette discussion, nous avons signé un procès-verbal qui résume donc les questions qui ont fait l’objet d’échanges, sur tous les engagements pris par Ali Darass pour mettre un terme à tout ce qui lui avait été reproché. Mais samedi dernier, Ali Darass sort un autre communiqué pour remettre en cause le procès-verbal du huis clos qu’il a pourtant signé, donc ce qui montre de la perfidie et de la mauvaise fois de sa part.

Quelles sont les conclusions que vous tirez de ce revirement de situation ?

Le président de la République a longtemps appliqué la politique de main tendue. Mais, je pense qu’aujourd’hui, nous sommes arrivés à une étape décisive où nous devons faire application des dispositions de l’article 35 de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation. Si Ali Darass n’est pas disposé à respecter ses engagements, nous en tirerons les conséquences.

Une partie de la société civile a appelé à la manifestation mercredi contre ce nouvel accord avec Ali Darass. Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui dénoncent ces discussions avec les chefs de groupes armés ?

Les responsables des groupes armés sont les partenaires du gouvernement. C’est avec eux que nous avons signé un accord politique pour la paix et la réconciliation. Nous, nous devons de nous rencontrer et de discuter sur la meilleure manière de donner effet aux engagements pris dans le cadre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation. La sortie de la société civile, en ce qui concerne cet appel à manifestation, c’est un appel qui est hâtif, puisqu’au moment où l’appel a été lancé, la société civile n’était pas bien au courant des discussions que nous avions menées avec les conclusions que nous avions tirées. Et mieux, le dernier communiqué d’Ali Darass montre en suffisance que le gouvernement s’est assumé. Ce n’est pas une partie de plaisir, excusez-moi le terme, mais nous avons dit à Ali Darass, nous lui avons rappelé l’obligation qui lui incombe donc de respecter strictement les engagements pris dans le cadre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation.

Allez-vous autoriser tout de même cette manifestation mercredi ?

La République centrafricaine est un État de droit, le droit d’organisation, de manifestation publique et autres. Ce sont des droits qui sont reconnus, mais qui sont encadrés par la loi.

L’opposition demande une concertation nationale. Etes-vous prêt à organiser cette concertation ?

C’est la Cour constitutionnelle dans son arrêt sous forme de décision qui a dit que s’il y avait un évènement qui ne permettait pas l’organisation des élections dans le délai constitutionnel, il faudrait donc une concertation nationale. C’est dans ce contexte que la Cour constitutionnelle a parlé de concertation nationale. Mais cela ne veut pas dire qu’aujourd’hui, il faut une concertation nationale nécessairement.

Les élections générales sont prévues pour la fin de l’année. L’Autorité nationale des élections (ANE) recense actuellement les électeurs. Comment se déroulent ces opérations ?

Je pense que le chronogramme rendu public aujourd’hui par l’ANE est respecté. Les opérations qui étaient programmées se déroulent très bien, le fait même que certains déjà annoncent leur candidature, c’est parce que le processus électoral se déroule bien. Nous sommes optimistes sur le fait que les choses vont bien se passer.

L’opposition et la société civile dénoncent des problèmes dans les provinces, des problèmes de sécurité, de circulation. Certains dénoncent même des accords que le gouvernement aurait passés avec les groupes armés pour favoriser le mouvement présidentiel aux prochaines élections. Que répondez-vous à ces critiques ?

La situation sécuritaire du pays en 2020 n’est pas celle de 2015-2016. On ne nous dira pas que la situation ne n’est pas améliorée, bien au contraire. Maintenant, il ne suffit pas de faire des déclarations, il faut en apporter la preuve. Quand on dit que tout est fait pour favoriser le mouvement Cœur uni au détriment des partis de l’opposition ou d’autres personnalités, je pense que ça, c’est une vue, c’est le point de vue de ceux qui l’expriment. Mais ce qui est certain, c’est que sous l’autorité du président de la République, nous travaillons aujourd’hui pour créer les conditions nécessaires d’organisation d’une élection libre, transparente pour des résultats incontestés.

François Bozizé a été investi candidat du parti de l’opposition Kwa na Kwa (KNK) pour l’élection présidentielle. Etes-vous prêt à lever le mandat d’arrêt qui pèse contre lui ?

Le mandat d’arrêt contre François Bozizé est une affaire de justice. En tant que Premier ministre, sous l’autorité du président de la République, je ne peux pas donner des appréciations sur une question qui relève du domaine de la justice. Maintenant, ce que je sais, c’est que le président Bozizé est libre de ses mouvements, il tient des réunions, tient des meetings. Très récemment même, son parti a organisé son congrès. Maintenant, pour le reste, on verra bien puisque la question de la validation des candidatures ne relève pas du domaine du gouvernement. C’est l’ANE qui réceptionne les candidatures, et ensuite il revient à la Cour constitutionnelle de valider ou de ne pas valider une candidature.

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