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Aujourd'hui l'économie

La fermeture de Bridgestone, un nouveau signal du déclin de l’industrie française

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Bridgestone a annoncé la fermeture de son usine de pneumatiques de Béthune, dans le nord de la France (Photo d'illustration).
Bridgestone a annoncé la fermeture de son usine de pneumatiques de Béthune, dans le nord de la France (Photo d'illustration). AFP/Denis Charlet

Bridgestone a annoncé mercredi 16 septembre la fermeture de son usine de pneumatique de Béthune, dans le nord de la France, une région sinistrée par la désindustrialisation. Malgré l’engagement du gouvernement, le déclin de l’industrie française paraît inéluctable.

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La régénération de l'industrie est pourtant l'un des objectifs affirmés du plan de relance à 100 milliards d’euros annoncé la semaine dernière par le gouvernement. Pour donner plus de marge aux entreprises qui veulent investir, les impôts de production, jusqu'alors beaucoup plus élevés en France que dans le reste de la zone euro, ont été réduits, une enveloppe d’un milliard d’euros a été dédiée aux relocalisations, et le commissariat au plan chargé de dessiner l’industrie du futur a été ressuscité sous la houlette de François Bayrou. Toutes ces mesures saluées par les experts comme par les chefs d’entreprise auront des effets à long terme. Dans l’immédiat, le soutien public via le chômage partiel et les prêts à taux garantis permettent aux entreprises de survivre mais pas de se rénover sur le fond. Il n’y a pas vraiment d’outils pour empêcher l’hécatombe tant redoutée des entreprises industrielles comme cette usine de Bridgestone. 45% d’entre elles, presque une sur deux, pourraient perdre de l'argent l'an prochain, met en garde Ernst and Young dans un rapport publié avant l’été.

Est-ce seulement à cause de la crise actuelle que Bridgestone ferme cette usine ?

La chute des ventes de voitures provoquée par le confinement a été la goutte d’eau en trop pour les fabricants européens de pneumatiques. Mais cela fait longtemps qu’ils souffrent. Depuis dix ans, leurs ventes stagnent en Europe. La décennie a été émaillée par des fermetures de site : Continental en 2009 dans l’Oise, Goodyear en 2014 à Amiens, et Michelin l’an dernier en Vendée. L’Allemagne n’est pas épargnée. Continental a annoncé mercredi la fermeture d’une usine de 1 800 salariés et prévoit de réaménager ou supprimer au total 13 000 emplois. Car dans ce secteur, les nouveaux venus asiatiques taillent des croupières aux acteurs historiques. Les asiatiques détiennent le quart du marché, c’était 6% seulement il y a 20 ans. Face à cette concurrence, le groupe japonais n'a pas fait les investissements nécessaires pour développer à Béthune le haut de gamme beaucoup plus profitable que les pneus actuellement fabriqués. Le numéro un mondial du pneu est donc bien un opportuniste de la crise, qui profite du climat actuel pour liquider son unique site français.

Et c'est pour cela que ce plan social suscite l'indignation générale et l'État peut-il l'empêcher ?

La région et le gouvernement font front commun pour demander des comptes à Bridgestone, une multinationale qui a reçu de l'argent public pendant le confinement. Tous veulent à tout prix éviter la casse sociale, surtout dans cette région dont le tissu industriel se désagrège depuis quarante ans. Un bras de fer commence, il permettra peut-être d'éviter le drame pour les 1 500 familles qui seront privées des revenus de leur travail si la fermeture de l'usine se confirme. Mais sur le fond, injecter de l'argent public dans une entreprise en perte de vitesse – selon Bridgestone c'est la moins productive de ses usines européennes–, ne permettra pas de sortir de la désindustrialisation toujours à l'œuvre. En provoquant les faillites de plus fragiles, le Covid-19 pourrait bien accélérer la contraction de l'industrie française, qui représente encore 10% du produit intérieur brut, et à peu près la même proportion d’emploi.

 

EN BREF

Le marché des vaccins anticoronavirus est à moitié préempté par les pays les plus riches, dénonce l'ONG Oxfam

Les cinq laboratoires les plus avancés dans la recherche, au stade 3 des essais cliniques, ont pré-vendu 5,3 milliards de doses, d'après l'ONG. La moitié des achats a été effectués par les plus riches, les États-Unis, les pays européens, le Japon, l'Australie, Hong Kong ou Israël, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population mondiale. Le reste a été promis au bric, inde, russie brésil indonésie ou mexique. L'OMS prône une répartition permettant à chaque pays de vacciner 20% de sa population.

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