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Revue de presse Afrique

À la Une: controverses et interrogations après la nomination de Bah N’Daw

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Le président de transition malien Bah N'Daw lorsqu'il était ministre de la Défense, le 28 mai 2014.
Le président de transition malien Bah N'Daw lorsqu'il était ministre de la Défense, le 28 mai 2014. HABIBOU KOUYATE / AFP

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La désignation du colonel-major à la retraite au poste de président de la transition au Mali provoque bien des réactions dans le monde politique malien ainsi que dans la presse.

Le quotidien en ligne Malikilé estime ainsi que les militaires « ont rompu leur serment de travailler de concert avec le M5-RFP et toutes les forces vives de la Nation malienne. En effet, affirme le journal, beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer la manière unilatérale dont ont été nommés le président et le vice-président devant conduire la Transition de 18 mois telle que décidée par les Concertations nationales. Par cet acte, le CNSP exprime sa volonté à peine voilée de prendre le pouvoir, tout le pouvoir. […] Et c’est désormais le clash entre le M5-RFP et le CNSP, pointe Malikilé, ce qui n’est pas de bon augure alors que Goodluck Jonathan arrive à Bamako ce mercredi pour s’enquérir de la prise en compte par la junte des recommandations de la Cédéao dans la mise en œuvre des organes de la Transition. »

En effet, relève L’Indépendant, « la Cédéao, qui avait conditionné la levée de l’embargo à la nomination d’un président et d’un Premier ministre civils, n’a pas encore réagi à la désignation de Bah N’Daw. Son médiateur dans la crise malienne, Goodluck Jonathan, est donc attendu ce mercredi à Bamako pour évaluer la situation sur le terrain. »

Un Premier ministre civil ?

En attendant, poursuit L’Indépendant, la junte a décidé de tendre la main au M5-RFP : « Le CNSP a en effet approché hier le comité stratégique du mouvement de contestation, affirme le journal, pour lui proposer de lui fournir une liste de trois personnalités aux fins de pourvoir le poste de Premier ministre pour la période de transition. Cette mesure vise manifestement, estime le journal, à calmer la colère du M5-RFP qui affirme donc n’avoir pas été associé à la désignation du président de la transition. »

L’Indépendant qui croit encore savoir que « le nouveau gouvernement devrait être mis en place au plus tard lundi prochain 28 septembre et qu’il ne devrait pas excéder 25 membres, conformément à la Charte de la transition. »

On s’oriente donc vers un partage du pouvoir transitoire avec un président et un vice-président militaires et un Premier ministre civil… Pour l’Informateur, autre publication bamakoise, « il apparaît clairement que pour établir les conditions d’une transition de refondation de l’État, le CNSP voulait disposer de la plus grande marge possible de liberté vis-à-vis des chapelles politiques. Les opposants au défunt régime sont dans une large proportion considérés (par les militaires) comme les syndics de la faillite d’hier, à mettre dans le même panier que l’ex-mouvance présidentielle. »

En tout cas, poursuit L’Informateur, « les piliers de l’exécutif mis en place, il va falloir que les opposant d’hier trouvent chaussures à leurs pieds : dénicher la personnalité qui va occuper le poste de Premier ministre et former rapidement un gouvernement dédié au renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, à la promotion de la bonne gouvernance, au lancement du chantier de réformes politiques et institutionnelles, à l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et à l’organisation d’élections générales libres et transparentes. »

Vers une levée des sanctions ?

Reste à connaître donc la position de la Cédéao. Va-t-elle lever les sanctions ? Car le temps presse, l’économie malienne est en péril, comme le constate Jeune Afrique : « Les finances publiques et le commerce sont durement frappés, pointe l’hebdomadaire panafricain. Ainsi, le chiffre d’affaires du commerce marque un recul de 16,7 % contre 1,1 % pour les services marchands, moins affectés. […] "Si les sanctions perdurent, le Mali court vers la catastrophe économique", souligne l’économiste sénégalais et ancien vice-président de la Cédéao, Abdoulaye Fall, et "je pense, poursuit-il, que les militaires ont compris cela". Étant donné que l’approvisionnement en biens transite par les ports de Dakar, Abidjan et Lomé, la fermeture des frontières va très vite asphyxier l’économie, déjà fortement perturbée. »

Enfin, pour Le Monde Afrique, une éclaircie est possible. « Selon de bonnes sources, les sanctions financières et la fermeture des frontières pour les produits non essentiels pourraient être rapidement levées, affirme le journal. Ces mesures auraient déjà coûté un point de PIB au Mali, d’après un expert, mais elles ont aussi des effets néfastes sur le transit dans les ports d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, et de Dakar, au Sénégal. "Cela devrait passer", espère un diplomate, alors que les médiateurs de la Cédéao sont donc attendus ce mercredi à Bamako. »

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