Aujourd'hui l'économie

Le Conseil et le Parlement européens trouvent un accord sur le budget de l'UE

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Lors d'une réunion du Conseil de l'Union européenne, en décembre 2019.(Illustration)
Lors d'une réunion du Conseil de l'Union européenne, en décembre 2019.(Illustration) AFP/Aris Oikonomou

Le feuilleton du budget européen 2021-2027 se poursuit. Quatre mois après que les États se sont entendus à grand peine sur un paquet de 1800 milliards d'euros, plan de relance compris, cet accord trouvé mardi prévoit une rallonge de 16 milliards pour la santé, l'éducation et à la sécurité. Il énonce aussi clairement que les gouvernements seront privés de subventions s'ils ne respectent l'état de droit.

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Cet accord entre la présidence du Conseil et le Parlement, c’est d’abord plus d'argent pour certains programmes phare de l'Union comme Erasmus. Ce n'était pas gagné car compte tenu de la situation sanitaire et les restrictions de voyages, il était commode de laisser en l'état ce programme communautaire emblématique qui permet à des millions d'étudiants de découvrir le monde. Finalement, son budget est augmenté de 2 milliards d'euros. Par ailleurs, 3,4 milliards de plus seront dédiés au renforcement des systèmes de santé dans l'Union. Ce n'est pas du luxe compte tenu des disparités constatées pendant cette crise sanitaire. La sécurité aux frontières et l'aide humanitaire voient aussi leurs budgets renforcés.

Les Etats s'étaient déchirés en juillet pour boucler un projet de budget, comment débloquer 16 milliards d'euros en plus ?

Le Parlement négocie cela avec la présidence du Conseil depuis le mois d'août car les eurodéputés n'étaient pas satisfaits de l'ampleur du budget pluriannuel.

Ils ont mis toute la pression possible. On rappelle qu'ils doivent voter ce budget pour qu'il soit mis en œuvre. Le Parlement a donc en principe - ce n'est jamais arrivé- la possibilité de le bloquer.

Autre chose, et c'est d'ailleurs une innovation importante, une partie de ce budget additionnel viendrait de fonds dégagés par des ressources nouvelles. Les eurodéputés ont réussi à faire passer une feuille de route pour intégrer par exemple la taxe plastique dès 2021, et la réforme du marché carbone, voire même la taxe sur les transactions financières... comme source future de revenus pour l'UE. L'Union européenne qui dépend surtout des contributions des Etats aujourd’hui.

Justement, certains Etats menacent déjà de bloquer l'adoption du budget

Il doit être adopté par les Etats membres d'ici la fin de l'année. Mais voilà, le Parlement et la présidence tournante allemande du Conseil européen se sont aussi entendus pour qu'un gouvernement qui viole l'Etat de droit soit sanctionné en étant privé de subvention. Un mécanisme doit être entériné par un vote à la majorité qualifiée des Etats. Les président polonais et hongrois, qui se sentent à juste titre visés par la mesure, menacent de faire obstruction. Du côté des eurodéputés, on en doute. Car tout le monde a intérêt à voir les fonds du plan de relance débloqués au plus vite...dans le contexte de crise sanitaire et économique qui s'aggrave, y compris la Pologne et la Hongrie. Cette dernière doit rentrer en confinement partiel à partir de ce mercredi.

►En bref

Toshiba va cesser de construire de nouvelles centrales à charbon

Tout en honorant jusqu’au bout ses engagements actuels dans le secteur, le géant industriel japonais va privilégier ses activités dans les énergies renouvelables comme l'éolien en mer et la recherche dans le photovoltaïque. En phase avec le changement de cap du pays. Le mois dernier, le gouvernement nippon s'était enfin fixé un objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050. C'est que le pays est un des plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde. Il produit une grande part de son électricité à base de charbon... surtout depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Mais ces promesses des grands groupes, que valent-t-elles vraiment ? C'est la question que s'est posée le réseau d'ONG Fund Our Future

Pas grand chose si l'on prend le cas de plusieurs grandes banques comme l'a fait l'ONG en compilant leurs chiffres pour cette année. La banque britannique Barclays a augmenté en 2020 ses financements en direction du secteur des énergies fossiles. 24,58 milliards de dollars versés aux entreprises des secteurs du charbon du gaz et du pétrole entre janvier et septembre. C'est plus que l'an dernier, alors que le groupe sous pression de certains de ses actionnaires s'est engagée à la neutralité carbone d'ici 2050.

Fund Our Future pointe aussi HSBC, la deuxième banque qui finance le plus l'énergie fossile en Europe derrière Barclays, moins que l'an dernier, mais c'est encore 19 milliards de trop selon l'ONG. Or, les engagements des banques ne valent que «  si cela a un impact rapide sur le financement de l'industrie fossile » souligne l'ONG BankTrack cité dans l'enquête.

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