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Congo-Brazzaville: une nouvelle raffinerie à Pointe-Noire financée par des Chinois

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En termes de raffinage, le Congo n’utilise officiellement que 10 % de sa production pétrolière estimée entre 300 000 et 350 000 barils par jour.
En termes de raffinage, le Congo n’utilise officiellement que 10 % de sa production pétrolière estimée entre 300 000 et 350 000 barils par jour. Getty Images/Photo 24/Brand X Pictures

Le Congo-Brazzaville va se doter d'une deuxième raffinerie dans la ville de Pointe-Noire, grâce à une convention de financement signée avec la société chinoise Beijing Fortune Dingheng. Le projet vise à couvrir les besoins nationaux, et à faire du Congo un exportateur des produits raffinés. Les experts appellent d’ores et déjà à la bonne gouvernance et surtout au respect de l’environnement.

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Il est difficile de trouver du pétrole lampant dans les stations-service de Brazzaville. Certaines stations ont même supprimé les pompes de livraison de ce produit. La Congolaise de raffinage (Coraf), première raffinerie opérationnelle depuis 1982, ne couvre que 70% des besoins du pays qui va se lancer dans la construction d’une deuxième raffinerie.

« Selon nos estimations, il serait fort probable qu’au premier trimestre 2021 les travaux de cette deuxième raffinerie commencent », annonce Alphonse Obami, conseiller des missions, chargé de l’aval pétrolier au ministère des Hydrocarbures. Il explique les raisons qui poussent les autorités à monter cette deuxième raffinerie. « C’est pour répondre aux besoins croissants de notre industrie et aux besoins croissants de notre population en carburants », ajoute-t-il. Elle pourrait jouer un rôle plus important. « Nous sommes rassurés sur le fait que nous exporterons les produits pétroliers dans la sous-région, et pourquoi pas sur le marché », rêve M. Obami.

Raffinerie modulable

Le montant de la convention de financement de cette raffinerie modulable, qui sera implantée dans la Zone économique spéciale de Pointe-Noire, n’a pas été révélé. Ses caractéristiques ont été présentées par Sen Shao, représentant de la société chinoise.

« La société envisage d’installer une raffinerie, qui aura une capacité nominale de raffinage de 2,5 millions de tonnes par an. Le modèle type est celui d’une raffinerie modulable dont les produits finis seront principalement les essences et gazoles de qualité supérieure, les gaz de pétrole liquéfiés, les fiouls légers, les pétroles lampants », affirme M. Shao.

Des préoccupations quant à la gouvernance et l’environnement

Coordonnateur national de la campagne « Publiez ce que vous payez », Christian Mounzéo reste quant à lui préoccupé par la gouvernance et la gestion de l’environnement.

« Il est utile de solder avant tout l’ensemble des problèmes en ce qui concerne la gouvernance de cette filière (du pétrole). Par ailleurs, n’oublions pas qu’il y a une réputation pour les entreprises asiatiques, chinoises notamment, qui sont d’une certaine façon peu soucieuses des préoccupations des questions liées à la gestion de l’environnement », fait observer M. Mounzéo.

En termes de raffinage, le Congo n’utilise officiellement que 10% de sa production pétrolière estimée entre 300 000 et 350 000 barils par jour.

 

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