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Afrique économie

Sénégal: les huileries d'arachide menacées par la concurrence chinoise

Audio 02:21
Lundi 4 février 2019. Copeol, usine d'huile d'arachide à Kaolack, ville carrefour point de passage pour les camions qui vont aussi vers le Mali, ville considérée comme la capitale de l'arachide.
Lundi 4 février 2019. Copeol, usine d'huile d'arachide à Kaolack, ville carrefour point de passage pour les camions qui vont aussi vers le Mali, ville considérée comme la capitale de l'arachide. Sylvain Cherkaoui
Par : Théa Ollivier
6 mn

Au Sénégal, la campagne de commercialisation de l’arachide a commencé le 23 novembre et va durer jusqu’au mois de mai prochain. Un début compliqué pour les huiliers locaux malgré la bonne récolte de cette année, qui a grimpé à 1,8 million de tonnes d’arachide contre 1,4 million de tonnes l’année dernière. Une fois de plus ont des difficultés à s’approvisionner en graines d’arachide, n’arrivant pas à concurrencer les prix proposés par les exportateurs chinois dont les activités sont en pleine expansion depuis les accord signés en 2014 entre Dakar et Pékin. 

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Pour le moment, aucun camion de graines d’arachide n’est encore arrivé dans l’usine de Ziguinchor, au sud du pays. Cette année, la Sonacos, tout comme les autres huileries du pays, n’arrive pas à concurrencer les négociants chinois, qui ont fait grimper le prix de l’arachide. Une situation qui inquiète Samuel Ndour, du syndicat des industries des corps gras. Il dénonce une « concurrence déloyale ».  

« Aucune usine industrielle n’a acheté des graines l’année dernière. Il n’y a que la Sonacos qui a pu obtenir 28 000 tonnes sur un besoin de 150 000 tonnes. Si ça se répète cette année, c’est sûr qu’elles vont fermer leurs portes. Parce qu’on ne peut pas rester 2 ans sans travailler ; c’est l’industrie locale qui risque de mourir », s'inquiète Samuel Ndour. « Et sans l’industrie locale, la filière va mourir aussi. Nous ne devons pas laisser les étrangers prendre la production à la base et tout exporter pour nous laisser les mains vides. On tue combien d’emplois ? »

► À lire aussi : Filière arachide au Sénégal: agressions contre des opérateurs chinois

Une taxe sur l'exportation qui dérange

Face à ces risques, le président Macky Sall a rappelé l’importance de « préserver les huiliers qui contribuent à la croissance et à la création d’emplois ». Il a aussi demandé à « veiller à l’application » de la nouvelle taxe de 30 francs CFA par kilo d’arachide décortiquée exportée. Une taxe qui dérange Habib Thiam, président du collectif des producteurs et exportateurs.

« Nous ne sommes pas contre la taxe, il faut juste qu’elle soit soutenable. Si la baisse du prix mondial continue, on ne sera plus compétitif sur le marché international. C’est pourquoi nous avons proposé que cette taxe soit élastique. L’exportation des matières premières, c’est un mal nécessaire, mais on ne veut pas seulement exporter mais dans le cadre de la valorisation, ce n’est pas toujours de l’huile, on peut valoriser sous différentes formes », dit Habib Thiam. 

Optimisme pour les mois à venir

Modou Diagne Fada, directeur général de la Sonacos, a dû diversifier ses activités pour faire face à la crise l’année dernière. Il reste optimiste pour les mois à venir. 

« Le gouvernement souhaite réorganiser les exportations : il faut sauver le capital semencier d'abord, approvisionner les usines et ensuite on pourra voir comment exporter la surproduction. Il faut quand même que les étrangers continuent de venir, mais pour cela, il faudrait faire des huiliers les plateformes d’exportation. Ainsi on n’aura plus des étrangers qui vont acheter des graines bord-champ en spéculant sur les prix. » 

Et pour réduire ses coûts de production et être davantage compétitive, la Sonacos a prévu de réhabiliter tous ses équipements devenus vétustes.

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