Afrique économie

Centrafrique: la filière bois espère renaitre de ses cendres

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La Société centrafricaine de déroulage (Scad).
La Société centrafricaine de déroulage (Scad). © RFI/Charlotte Cosset

La Société centrafricaine de déroulage (Scad) était l’une des plus grosses entreprises forestières et de transformation de bois de Centrafrique, située en dessous de la ville de Mbaïki dans le sud-ouest du pays. Pillée lors de la crise de 2013 par les Sélékas et donc à l’arrêt depuis plusieurs années, la Scad a depuis peu un nouveau propriétaire. Malgré les derniers développements politiques et militaires, il souhaite remettre sur pied l’entreprise. 

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Vue de loin, la SCAD ressemble à une petite friche industrielle. Mais lorsqu’on approche, les ouvriers s’activent, remettent les diverses machines en état de marche, rénovent les bâtiments. Dans le bâtiment administratif, des travailleurs restaurent les meubles. Le chef du personnel, Bonnaventure Atanguere-Nguidade, sélectionne les dossiers pour organiser les premières équipes. « Là, présentement, on est en train de faire le recrutement des prospecteurs qui vont d’ici vendredi rentrer en forêt pour faire la prospection et le comptage des bois qui se trouvent sur le chantier pour nous permettre de faire entrer les abatteurs », détaille-t-il.

Bonnaventure Atanguere-Nguidade est un ancien de l’entreprise. Il totalise plus de 34 ans à la SCAD. Il était présent lors des événements de 2013. « Quand les Selekas sont venus, toutes les entreprises ont été pillées, se souvient-il. On n’a plus rien. Il n’y a plus de véhicules les engins et autres ont été vraiment saccagés. Moi j’étais là. J’ai passé tout mon temps en forêt. Même un de nos collaborateurs a été tué ici. Et c’est moi qui suis venu pour le ramener à Bangui. Il s’appelait Ibrahim. Il est mort. Ce n’est pas facile ! Ils ont ramassé seulement les machines, les moteurs. À l’usine, pour mettre l’usine KO. Au niveau du garage, ils ont pris les véhicules. Leur objectif était le carburant. Et après quand les Selekas sont partis, c’est le tour des anti-balaka ».

Devant son bureau, il y a la queue, ici la plupart cherchent un emploi. Parmi les personnes qui attendent, se trouve Jimmy qui explique : « Nous les jeunes, on souffre beaucoup. On n’a pas de travail. Je suis venu chercher un emploi, n’importe lequel, que ce soit manœuvre, prospecteur, conducteur, aide-manœuvre ou que l’on me donne une formation pour que je puisse travailler et gagner de l’argent ».

La reprise d’une telle activité dans cette commune de 36 000 habitants représente beaucoup. « Nous sommes très satisfaits, nous, les autorités, et les habitants des environs de la commune par rapport à la reprise qui se passe présentement, déclareDieudonné Walongo, chef de groupe du troisième arrondissement. Cela a mis du temps que nous avons souffert ici à la commune. Nos enfants n’ont pas de boulot à faire, nos parents sont désolés dans l’environnement dans lequel nous vivons ».

Les activités d’une entreprise comme la SCAD signifie aussi la remise à niveau de nombreuses infrastructures locales. La SCAD pourrait embaucher plusieurs centaines de personnes dans la localité. L’entreprise espère voir ses premières planches sortir dans les prochaines semaines.

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