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Expertise France: premières rencontres internationales de la coopération

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«La diaspora est devenue le bailleur de fonds le plus fiable», selon l'Agence française de développement.
«La diaspora est devenue le bailleur de fonds le plus fiable», selon l'Agence française de développement. RFI/Pierre René-Worms

Créée en 2015, Expertise France doit intégrer bientôt l’Agence française de développement. A la veille de cette intégration qui doit être approuvée par le Parlement français, Expertise France a organisé la semaine dernière (9 février) les premières rencontres internationales de la Coopération. Avec notamment une interrogation sur les innovations à faire pour rendre la coopération au développement plus efficace. 

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Le climat, l’éducation, la gouvernance, la santé ou encore la sécurité étaient au menu des premières rencontres de la coopération. Pour Hindou Oumarou Ibrahim, militante écologiste et présidente de l’Association des femmes peules et des peuples autochtones du Tchad, on ne peut pas réussir un projet de développement si on n’implique pas les communautés qui en seront les bénéficiaires. 

« Quand on veut faire un projet, on a tendance à le préparer et à aller sur le terrain l’exécuter sans l’avis des bénéficiaires. En général le projet ne marche pas du tout. Pour qu’un projet de développement marche très bien, on doit le préparer avec les communautés et les impliquer sur leurs besoins. »   

Rémy Rioux, directeur général de l’AFD, l’agence qui gère l’aide française au développement, confirme : « Le monde du développement a complètement changé en 2015. Pour schématiser, avant 2015, on savait. Donc, on expliquait, on transférait, on finançait des solutions nées ailleurs, dans les pays où on avait une demande et où on était accueilli. Et ça a donné des résultats inégaux. Et puis il y a eu ce grand récit de l’Accord de Paris [l’accord sur le climat] des objectifs de développement durable, qui fait que finalement des solutions de développement durable, toujours spécifiques mais toujours inspirantes, elles naissent partout. »   

Quant à la Banque mondiale et ses financements, à défaut d’impliquer les communautés dans la préparation des projets qui les concernent, elle en fait régulièrement l’évaluation en cours d’exécution, explique son vice-président chargé des infrastructures, Makhtar Diop: « L’idée de retour des populations est au centre de tout ce qu’on fait. Donc, aujourd’hui on ne peut pas concevoir un projet sans qu’il y ait un retour des populations. Il y a bien sûr des progrès à faire. Et pour cela, il faut intégrer la société civile dans les pays. Il faut s’assurer qu’on les écoute encore plus, qu’elles soient beaucoup plus représentées. Et ce ne sont pas seulement les ONG de l’extérieur, qui viennent avec des idées, mais des ONG locales qui connaissent très bien le terrain et sont issues de la réalité de nos pays. »    

Mais Hindou Oumarou Ibrahim reste sceptique. Elle déplore le fait que la conclusion d’un partenariat pour l’attribution d’un fond destiné au développement d’une communauté rurale, se fait systématiquement entre les donateurs et les gouvernements, en l’absence de représentants de la communauté visée. 

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