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EDF et son activité dans les énergies vertes en Afrique

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Le logo d'EDF.
Le logo d'EDF. REUTERS/Charles Platiau

EDF, Meridiam et Sifca viennent de signer avec Proparco, EAIF (Emerging Africa Infrastructure Fund) des accords de financement de la plus grande centrale biomasse d’Afrique de l’Ouest. Sa construction doit commencer en septembre prochain à Aboisso, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, pour une entrée en fonction prévue en 2024. 

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C’est un projet précurseur auquel participe EDF (Électricité de France). Valérie Levkov, vice-présidente Afrique et Moyen-Orient du groupe français, évoque cette centrale biomasse. « Elle va produire de l’électricité sans CO2, pour environ 1 700 000 foyers ivoiriens. Cette centrale aura une puissance de 46 mégawatts de capacité installée. »  

EDF apporte donc son expertise technique à ce projet de centrale biomasse en Côte d’Ivoire, aux côtés d’autres partenaires, dont Meridiam. « La centrale va utiliser de la biomasse de palmiers, des déchets non utilisés jusqu’à ce jour. Ce qui va permettre de générer des revenus nouveaux – jusqu’à 20% de revenus additionnels – pour près de 12 000 planteurs localement », explique Matthieu Peller, directeur des opérations Afrique.

Un projet d’économie circulaire 

Partenaire local de la centrale biomasse d’Aboisso, le groupe Sifca produira pour la première fois de l’électricité à partir des résidus du palmier à huile. « Ce projet a été pensé par des ingénieurs agricoles. Si un projet peut nous permettre d’optimiser le rendement à l’hectare – ce qui permet à la personne de gagner plus avec la même parcelle de terre et donc aussi de lutter contre la déforestation –, on fait de l’énergie un accompagnateur agricole », indique David Billon, directeur général de Biokala, la branche de Sifca chargée des énergies vertes.  

Le groupe Sifca connaît et utilise déjà la technologie biomasse avec d’autres matières. Mais pour se lancer dans la production d’électricité qui sera injectée dans le réseau national, il lui fallait un partenaire qui s’y connaît. « Le groupe [Sifca] possède déjà ce savoir-faire. Par exemple aujourd’hui, les puissances installées de ses complexes sucriers nécessitent des compétences techniques proches de la biomasse. Mais le secteur de l’énergie lui-même est un métier complètement différent. On ne peut pas passer de l’agro-industrie à l’énergie, c’est-à-dire la gestion de la relation avec les États, la gestion contractuelle. Donc en toute humilité, il nous fallait un partenaire qui connaît ce secteur », ajoute David Billon.

Le groupe énergétique français propose de plus en plus de l'électricité hors réseau en Afrique   

EDF donc, qui a noué des partenariats ailleurs en Afrique, non pas dans la production d’électricité à partir des déchets agricoles ; elle est entrée récemment au capital de deux sociétés kényanes, pour la production d’énergie solaire, précise Valérie Levkov. « Le potentiel de ce pays [le Kenya] est très intéressant, notamment dans les énergies solaires. On vient apporter des solutions d’approvisionnement d’électricité bas carbone et fiable à deux types de clients. Aux clients particuliers avec la société Bboxx et aux clients des entreprises avec la société Econet Energy. »

Pour les clients particuliers, le prix des kits solaires varie entre 7 et 17 dollars par mois. Ces quatre dernières années, EDF a déployé ses offres dans 6 pays africains, pour une fourniture d’électricité à 1,2 million de personnes.  

Possibilité de ne plus dépendre de l’électricité du réseau pour les entreprises  

En revanche, l’installation de panneaux photovoltaïques et même des batteries au profit d’entreprises est une première. Les sociétés bénéficiaires paieront des mensualités à EDF pendant 10 à 20 ans. Et elles pourront même faire des économies. Leur facture d’électricité devrait baisser de 15 à 30%.  

Par ailleurs, le groupe public français vient de lancer la 4e édition des prix « EDF Pulse Africa ». Il y a un appel à projets en cours pour les PME et start-up africaines pour la période du 24 juin au 26 juillet 2021. L’objectif est de révéler et de soutenir les entreprises africaines dans le développement de produits, solutions et services visant à accompagner le développement énergétique du continent.

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