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Aujourd'hui l'économie

Brexit, le jour d’après

Audio 03:29
Le Premier ministre Boris Johnson à Downing Street, à l'issue de la conférence de presse annonçant l'accord post-Brexit, le 24 décembre 2020.
Le Premier ministre Boris Johnson à Downing Street, à l'issue de la conférence de presse annonçant l'accord post-Brexit, le 24 décembre 2020. © REUTERS - POOL

Après le pont du nouvel an, le Brexit et ses conséquences dans le contexte extraordinaire de la pandémie, vont commencer à se faire sentir à partir de ce lundi. Gros plan sur les bouleversements pour les Européens qui vont au Royaume Uni, les conséquences sur la santé des Britanniques et les précisions sur les dossiers encore en suspens.

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Depuis le premier janvier pour les voyages touristiques comme pour les déplacements professionnels de part et d'autre de la Manche il faut avoir au moins sa carte d’identité pour traverser la Manche. Les Britanniques demanderont même un passeport aux Européens à partir du 1er octobre. Les sujets de sa majesté doivent de leur côté se munir d’un billet retour, une attestation d’assurance santé, le formulaire européen permettant d’accéder gratuitement aux soins partout en Europe a vécu.

Pour les étudiants européens au Royaume Uni, cela concernait 143 000 jeunes la rentrée dernière, c’est surtout douloureux pour le portefeuille : à partir de la prochaine rentrée, il n'y a plus de programme Erasmus et pour ceux qui viendront quand même les frais de scolarité vont doubler. Quelque 20 000 euros pour une année, auxquels il faut ajouter une assurance santé de 500 euros plus un visa étudiant à 390 euros !

Maigre consolation pour ces étudiants, comme pour tous les Européens en déplacement au Royaume Uni, la facture téléphonique ne sera pas affectée par le Brexit ; les opérateurs britanniques ont promis de maintenir le roaming gratuit. Les opérateurs français aussi.

Quels changements pour les Européens voulant partir travailler au Royaume Uni ?

L'accès se durçit : pour rester plus de six mois il faudra décrocher un visa de résident. Seuls ceux qui ont une promesse d'embauche avec un salaire annuel minimal de 28 600 euros seront recevables, - les chercheurs et les enseignants sont exemptés de cette condition. De quoi inquiéter les chefs d’entreprise habitués à travailler avec une main d’œuvre bon marché d’Europe de l’Est dans l’agriculture, les services, surtout la santé, des activités où les salaires sont souvent inférieurs au nouveau seuil requis.

Il y a aussi des métiers en tension depuis longtemps comme celui de soudeur ou de vétérinaire. Ces derniers sont encore plus recherchés avec le Brexit pour effectuer les contrôles aux frontières. L'afflux de la main d’œuvre européenne a été un des moteurs de la croissance britannique, mais elle a commencé à baisser depuis le référendum, déjà 100 000 Polonais en moins. La reprise post-Covid pourrait en pâtir.

Le Brexit a-t-il facilité le programme de vaccination britannique ?

Déjà un million de Britanniques ont reçu une première injection et ce chiffre pourrait rapidement doubler. Car Londres n’a pas attendu le feu vert de l’instance européenne pour autoriser le vaccin Pfizer BioNtech et celui de Astra Zeneca développé avec l’université de Oxford. Le gouvernement en avait le droit, mais si le Royaume-Uni avait choisi de rester dans l’UE, il aurait sans doute subi de fortes pressions pour se conformer à l’usage interne, laissant la prééminence à l'instance européenne.

Avant même que le Brexit n’entre en œuvre Boris Johnson démontre ainsi à quel point son pays est plus agile hors du carcan européen. Cette réactivité est un peu l’arbre qui cache la forêt des problèmes du secteur de la santé. Car le NHS, le service national de la santé auquel les Britanniques sont très attachés, est fort mal en point. L’accès aux médicaments ou au matériel médical massivement importés de l’Union européenne pourraient se détériorer avec le Brexit. Tout comme l’investissement dans cette industrie.

La question la plus urgente à régler concerne la pénurie de personnels. 65 000 salariés du NHS sont des ressortissants européens, 100 000 dans les services à la personne. Comment maintenir ces salariés et surtout comment en attirer de nouveaux avec des moyens limités?  Il y a bien une procédure accélérée de visa de travail pour ces professionnels mais pas sûr que cela suffise à attirer les candidats effarouchés et par le Covid et par le Brexit.

La City et les autres dossiers en suspens

Les services sont quasiment tous exclus de l’accord. L’activité des avocats, des consultants, des architectes n’est absolument pas encadrée. Les services financiers non plus.La City c’est pourtant un gros morceau dans les échanges entre le Royaume Uni et l’Union européenne : le déficit des marchandises est de 97 milliards de livres, mais la City permet de rééquilibrer les comptes puisqu’elle est excédentaire de 19 milliards de livres avec le continent. Ce lundi matin la City ne peut donc plus lever de la dette pour une entreprise française ou italienne, ou gérer les comptes en banque des citoyens britanniques installés dans l’UE, leurs comptes ont été fermés.

Autre trou dans la raquette : la protection des données. Le RGPD, le règlement européen s’applique encore jusqu’au 1er juillet. D’ici là les Britanniques devront avoir publié leur propre règlement ou sans doute une adaptation du modèle européen. Facebook comme Google n’ont pas attendu pour transférer la gestion des données de leurs clients britanniques vers les Etats-Unis, un pays qui offre pour le moment une protection moindre pour la confidentialité comme pour l’usage des données numériques.   

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