Aujourd'hui l'économie

Covid-19: l’autre menace pour l’économie, la chute de la natalité engendrée par la pandémie

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A cause de la pandémie, la Chine a enregistré une baisse des naissances de 12% par rapport à l'année dernière, soit 1 800 000 bébés de moins. (Photo d'illustration)
A cause de la pandémie, la Chine a enregistré une baisse des naissances de 12% par rapport à l'année dernière, soit 1 800 000 bébés de moins. (Photo d'illustration) Photo by VCG/VCG via Getty Images

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Il y a un an jour pour jour l'OMS, déclarait l’état de pandémie. Cette crise sanitaire majeure continue à avoir de multiples incidences dans nos vies.  Elle fait par exemple baisser la natalité dans les pays les plus affectés par le coronavirus. Moins de bébés aujourd’hui, c’est un souci pour l’économie d’après-demain.

L’annonce de l’état de la pandémie a provoqué un mini-krach boursier. Là c’est un krach de la natalité qu’on observe, mais c’est seulement neuf mois après le début officiel de la pandémie qu’on a commencé à en prendre la dimension. En Italie, l'un des pays européens le plus affecté par le Covid-19, en décembre 2020, le nombre de naissances a chuté de plus de 20% par rapport à l’année précédente. Le recul a été du même ordre pour le mois de janvier. L’Espagne, autre pays très touché, affiche un décrochage encore plus important, -23% pour décembre. En France c’est -13%. À Hawaï, le baby krach est effarant avec 30% de naissances en moins. Le phénomène est sensible également en Chine : 1 800 000 bébés de moins que l'année précédente, soit un repli des naissances de 12%.

Le confinement n’a pas dopé la natalité, contrairement aux spéculations des pseudo-experts

On aime tous se raconter que les orages ou les pannes de courant engendrent des babys boums. C'est une belle histoire. Mais elle est fausse. Une légende urbaine, qui ne marche ni pour les coupures d'électricité ni pour le confinement. L’angoisse face à l’avenir, économique et sanitaire, a découragé les projets d’enfants. La grippe espagnole en 1918 ou la crise financière de 2008 ont eu des effets similaires, mais dans le cas du Covid-19, personne ne s’attendait à un tel impact.

Le chômage joue un rôle déterminant dans cette baisse de la natalité

« Un point de plus de chômage c’est un point de moins pour la natalité » ont constaté deux économistes américains qui ont combiné les données démographiques et celles du marché de l’emploi. C’est donc un facteur majeur en situation de crise. Aux États-Unis, on ne dispose pas encore des chiffres définitifs sur la population, ces chercheurs s’attendent à une baisse drastique des naissances. Le fait que les emplois féminins dans les services à la personne, la restauration, aient été les plus affectés par les mesures de confinement a aggravé l’insécurité économique des femmes qui ont préféré repousser leur projet de maternité. Certaines ont dû aussi renoncer à leur travail pour s’occuper de leurs enfants ou de leurs proches.

A-t-on déjà une idée des conséquences de cette baisse de la natalité ?

On ne sait pas encore quelle sera l'ampleur et la durée exacte de ce « baby bust », il s’inscrit dans un mouvement général de baisse de la fertilité en Occident. Seule certitude, les séquelles seront irréversibles. D’après la banque HSBC, le nombre de bébés manquants pourrait avoir des répercussions économiques bien plus importantes que le nombre de décès causés par le Covid-19. Les fabricants de lait infantile ou de couches, ont été les premiers à en ressentir les effets négatifs. Ils sont déjà en train de réorienter leur production. Au niveau macro-économique, il y aura bien sûr des répercussions à long terme, plus ou moins douloureuses. Sur le marché du travail, sur les systèmes de retraite, sur l’immigration. Et aussi sur l’évolution des taux d’intérêt. La baisse de la fertilité joue un rôle clé dans leur déclin. La corrélation a été repérée aux États-Unis comme au Japon. Tous ceux qui redoutent aujourd’hui une brusque remontée des taux, et donc du prix de l’argent, devraient regarder du côté des carnets roses pour se faire une idée de l’avenir.

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