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Pèlerinage à La Mecque, un business entravé par le Covid-19

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L'enceinte de la mosquée sacrée de La Mecque, le 24 avril 2020.
L'enceinte de la mosquée sacrée de La Mecque, le 24 avril 2020. STR / AFP

Près de deux milliards de musulmans s’apprêtent à observer le jeûne du ramadan comme chaque année. Pour ce mois sacré, beaucoup en profitent habituellement pour se rendre à la Mecque et accomplir le petit pèlerinage, la « Omra ». Mais pandémie oblige, seules les personnes vaccinées contre le Covid-19 seront autorisées à s’y rendre. Voilà des mois que les villes saintes de l'islam tournent au ralenti, privant le Royaume d’une source de revenus primordiale.

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C'est la seconde source de revenus pour le royaume saoudien derrière les hydrocarbures. Le Hajj, le Grand pèlerinage qui tombe cette année en juillet draine à lui-seul plus de deux millions de fidèles. Il est obligatoire pour tout musulman en ayant les moyens physiques et financiers. C'est bel et bien une rente dont on estime qu’elle génèrerait en quelques jours 8 milliards de dollars. Quant à la Omra, le petit pèlerinage qui, lui, n'est pas obligatoire et peut se faire toute l’année (du moins en principe), il attire 8 millions de visiteurs et rapporterait 4 milliards de dollars par an.

Priorité des autorités : réduire radicalement le flux des pèlerins

Cela a été son objectif dès le mois de mars 2020 en effet. Le ministère saoudien des Lieux saints a dû appeler les pèlerins à reporter leur séjour. Impossible de continuer à organiser normalement l’un des plus grands rassemblements humains de la planète. Il a été restreint à un nombre limité de Saoudiens et de résidents du royaume. Depuis quelques semaines, les autorités assurent vacciner massivement. Le royaume ne donne pas d'objectif chiffré pour le Hajj prévu en juillet prochain. Mais il a tranché : seules les personnes doublement vaccinées ou immunisés auront accès aux lieux saints. Les autorités font le pari que d’ici l’été, une grande partie de la population mondiale aura été vaccinée et se remettra à voyager. Rien n'est moins sûr. Beaucoup de musulmans devraient renoncer au pèlerinage cette année, faute de moyens ou de vaccination.

Des conséquences économiques désastreuses pour le Royaume

Ce sont des milliards de dollars en moins dans les caisses du Royaume cette année. Mais pour les dirigeants saoudiens, l’industrie que sont devenus les pèlerinages ne saurait s’arrêter. Des milliards de dollars ont été récemment investis dans un train express reliant les deux villes saintes, ou dans d'immenses hôtels de luxe. Dans le plan stratégique « Vision 2030 » du prince héritier Mohamed Ben Salmane, le tourisme, dont fait partie le tourisme islamique, est un pivot de la politique de diversification de l’économie. L’objectif, très ambitieux, est d'accueillir à terme 30 millions de visiteurs annuels. Problème, les investissements attendus, notamment étrangers, prennent du retard. En attendant, les centaines de milliers de travailleurs dépendant de l'activité générée par les pèlerinages attendent, anxieux, la fin de la crise.

EN BREF

Accords signés ce dimanche entre l'Ouganda, la Tanzanie et deux compagnies pétrolières pour enfin exploiter le brut du Lac Albert en Ouganda

Après de longues tractations, ces réserves découvertes en 2006 vont pouvoir être opérées par les géants français Total et le chinois CNOOC. La construction d'un oléoduc transfrontalier chauffé de 1 400 km pourra être lancée entre la région du Lac Albert et le port tanzanien de Tanga. De quoi produire jusqu'à 230 000 barils par jours pendant trente ans. La fin du pétrole attendra. Colère bien-sûr des ONG environnementales qui alertent depuis des années sur les risques pour la nature et les communautés locales.

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