Aujourd'hui l'économie

Pénurie de semi-conducteurs: les États-Unis veulent reprendre la main

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En raison de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, le constructeur automobile américain Ford a réduit la production de son pick-up F-150.
En raison de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, le constructeur automobile américain Ford a réduit la production de son pick-up F-150. AP - Carlos Osorio

TSMC à Taïwan et Samsung en Corée du Sud. C’est en Asie que se concentrent l’immense majorité de la production de semi-conducteurs, ces composants si vitaux à l’industrie que leur pénurie depuis quelques mois a ralenti des secteurs entiers comme l’automobile ou la fabrication de téléphones. À Washington, le président Joe Biden semble vouloir changer la donne. Ce lundi, il a donné rendez-vous aux industriels américains. L’enjeu : remettre les États-Unis au centre de la carte mondiale des semi-conducteurs.

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Aux États-Unis, pays pionnier de cette technologie, jusqu’à il y a quinze ans, une société comme Intel maîtrisait toute la chaîne. Mais désormais, elle doit se tourner vers Taïwan et la Corée du Sud dont les entreprises concentrent la quasi-totalité du marché. La pénurie mondiale qui a commencé en décembre dernier a redonné de la voix à ceux qui demandent le retour de la souveraineté industrielle en la matière. « Bring our factories back ». Le président américain Joe Biden dans son plan de relance à 2 000 milliards de dollars en négociation au Congrès, consacre une partie (50 milliards) à financer la recherche et la fabrication de semi-conducteurs. Joe Biden pousse aussi pour un texte de loi au Sénat qui va dans le même sens.

Les industriels américains derrière leur président

Hier, lors d’un sommet virtuel, autour des représentants de l’administration Biden, il y avait ainsi des responsables de General Motors qui anticipent encore plusieurs mois de perturbation de la production. Une question doit encore être tranchée… Si le pays devait à nouveau voir fleurir les usines de semi-conducteurs, quel secteur iraient-elles servir en priorité ? L’automobile, la téléphonie, ou encore l’industrie de défense ? Tout cela est loin d’être acté. Les dernières études estiment que pour être complètement autosuffisant en semi-conducteurs, les États-Unis devraient investir non pas 50 mais 1 000 milliards de dollars. Et cela entraînerait une hausse des prix qui se répercuterait sur les consommateurs.

Mettre Pékin hors-jeu

Le bras-de-fer avec Pékin commencé avec l’administration Trump se poursuit avec la nouvelle équipe. Il se durcit même. La liste des sociétés technologiques chinoises, interdites de commercer avec des compagnies américaines au nom de la sécurité nationale s’est allongée. Dans le même temps, des pistes d’alliances industrielles se dessinent entre les États-Unis et le Japon, voire même l’Europe pour isoler la Chine. Avec comme tête de pont, le groupe GlobalFoundries, l'unique concurrent occidental dans le domaine des fonderies de semi-conducteurs. En Chine, dans le même temps, les autorités poussent aussi pour plus de capacités de production dans le domaine des semi-conducteurs. Elles réalisent des investissements massifs, pour s’affranchir du matériel taïwanais, coréen, mais aussi des outils américains et européens. Pour l’heure, sans atteindre les résultats escomptés.

EN BREF

La Turquie et la Libye confirment leur accord controversé de délimitation maritime

Controversé, car il met les voisins méditerranéens, notamment la Grèce devant le fait accompli. Mais il cimente la relation entre Ankara et le gouvernement de Tripoli. Hier, le président turc et le Premier ministre libyen l'ont réaffirmé, cet accord. Assorti d’accords commerciaux et de coopération. Les entreprises turques, déjà bien établies avant la guerre, pourraient participer à la construction de centrales électriques, d'un nouveau terminal à l'aéroport, d'un centre commercial, voire à des prospections d’hydrocarbures. Depuis la mise en place du gouvernement de transition, les visites de délégations étrangères se multiplient en Libye. D'après le site Africa Intelligence, le PDG de Total, le français Patrick Pouyanné est attendu lui-même à Tripoli la semaine prochaine.

Le gouvernement canadien vole au secours de la compagnie nationale Air Canada

Il se refusait jusqu'ici à porter secours au secteur. Mais un accord pour un plan d'aide financier sous la forme de prêts a été trouvé hier pour sauver Air Canada qui a vu son chiffre d'affaires s'effondrer de 70%. L'État apporte un soutien d'environ 3,9 milliards d'euros. Sous condition : rembourser les clients dont les billets ont été annulés du fait de la pandémie. Et ne plus supprimer d'emplois. La compagnie a déjà licencié plus de 20 000 salariés depuis le début de la crise.

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