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Pourquoi les investisseurs privés sont incontournables pour financer les infrastructures africaines

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Vue du barrage Inga en 2013.
Vue du barrage Inga en 2013. © Marc Jourdier/AFP

Pour se doter des grandes infrastructures qui manquent tant à son développement, l’Afrique se tourne de plus en plus vers le privé. Exemple récent en République démocratique du Congo : le magnat australien des métaux Andrew Forrest est désormais présenté comme le futur bâtisseur du mégabarrage d’Inga.

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Une opération démesurée. Il est question de construire de quoi alimenter toute l’Afrique en électricité et une opération en rade depuis trente ans ! Après la construction des deux premières tranches du barrage, dans les années 1970 et 1980, plus aucun projet n’a abouti. Beaucoup de questions sont encore en suspens : Fortescue Metals Group n’a pas d’expérience en ouvrage hydraulique et trouver les 80 milliards de dollars nécessaires pour boucler le chantier est déjà en soi une performance. Ce montant est supérieur au montant total des investissements directs étrangers réalisés en un an en Afrique. Mais le principe est acquis : c’est bien un investissement privé qui est nécessaire pour développer un tel projet.

L’État à court de ressources ou sans moyens d’emprunter pour le financer ?

La République démocratique du Congo, comme la plupart des États africains, est déjà très endettée. Elle peine à faire rentrer l’impôt et la pandémie a évidemment aggravé ces problèmes récurrents. Se tourner vers le privé devient encore plus urgent comme le souligne le FMI dans un récent blog du département Afrique. Mais ce n’est pas tout à fait une nouveauté. La plupart des centrales construites en ce moment au Congo-Kinshasa sont portés par des investisseurs privés ou des partenariats public privé. Un peu partout sur le continent les investisseurs privés sont davantage sollicités pour construire les routes, les centrales électriques, le réseau internet ou les hôpitaux.

L’Afrique reste le continent qui attire le moins les investisseurs privés pour financer ces infrastructures

Les investisseurs préfèrent investir dans le secteur des mines et des hydrocarbures qu’ils espèrent valoriser au mieux. Les projets d’infrastructure suscitent encore beaucoup de méfiance pour de mauvaises raisons : on pense à tort que le risque est plus élevé qu’ailleurs, or le taux d’échec est de 6% selon l’agence Moody’s, c’est deux fois moins qu’en Amérique latine. Mais la méfiance se nourrit aussi de bonnes raisons : ces projets sont parfois insuffisamment aboutis, juridiquement et techniquement, c’est pourquoi ils peinent à convaincre.

Le G7 a annoncé la mise en place d’un vaste plan de soutien aux infrastructures pour concurrencer les routes de la soie promues par la Chine, cela peut aider les pays africains ?

Build back better world, reconstruire un monde meilleur, est spécialement dédié aux pays en développement. Pour faciliter les partenariats publics privés. La présence des grandes institutions peut être un gage rassurant. Encore faut-il que les pays destinataires soient prêts à accepter ces conditions. Pour le projet du grand Inga par exemple, la Banque africaine de développement a prévu une enveloppe de 55 millions d'euros pour financer des études techniques et surtout un appel d'offres en bonne et due forme, ce qui permettrait aussi de remettre dans le jeu la Banque mondiale, expliquent nos confrères d'Afrique Intelligence. Cette option a visiblement été écartée au profit du seul milliardaire australien. Ce sera aux pays africains de voir si l'alternative proposée par le G7 leur convient.

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