C'est dans ta nature

Amours bestiales

Audio 05:02
Parade nuptiale de grèbes huppés sur le Lac Léman, en Suisse.
Parade nuptiale de grèbes huppés sur le Lac Léman, en Suisse. © David Tipling/Education Images/Universal Images Group via Getty Images
Par : Florent Guignard
9 mn

À l’occasion de la Saint-Valentin, la fête des amoureux, tous les 14 février, « C’est dans ta nature » s’est posé la question : comment les animaux séduisent-ils leur futur partenaire ? C’est parfois romantique, d’autres fois plus bestial.

Publicité

C’est l’un des plus beaux ballets donnés en pleine nature : la parade nuptiale des grèbes huppés, des canards au long cou. Un coup à gauche un coup à droite, mouvements de tête et face-à-face sensuel, jusqu’au baiser final… On danse, ou on se met sur son 31 pour séduire l’objet de son désir. L’important, c’est la taille, semble penser la frégate, cet oiseau de mer dont le sac gulaire, une forme de goitre, devient écarlate et turgescent pour impressionner sa conquête. La beauté, la force et la puissance attirent les femelles qui veulent offrir les meilleurs gènes à leur descendance.

Dans le monde animal, les mâles, ces courtisans, sont souvent les plus colorés, comme les fleurs qui veulent attirer les abeilles, à l’image du canard colvert, aux plumes lumineuses qui prennent un ton vert vif en période nuptiale, quand la femelle se contente d’un plumage beige. Il faut impressionner la belle. Lui offrir un cadeau. Pas de roses ou de chocolats, mais un rongeur pour certains rapaces comme le busard cendré.  

La mort après l’amour

Le manchot Adélie offre, lui, une pierre à sa conquête. La première pierre du nid du futur nouveau-né. La déclaration d’amour du poisson-globe prend la forme d’un chef d’œuvre sculpté dans le sable au fond de l’océan. Une semaine de labour pour former une figure circulaire à la géométrie parfaite. D’autres cadeaux sont plus surprenants. Le hérisson, par exemple, peut lâcher une petite crotte. L’amour bestial n’est pas toujours très romantique.

On passera vite sur ces dauphins qui ignorent parfois ce qu’est le consentement, capables de viols collectifs. L’amour est dans le pré ? La mort aussi : la mante religieuse tue son amant devenu inutile. Quant au mâle, chez les abeilles, bon qu’à ça, il mourra après avoir fécondé la reine. Golden shower chez les porc-épics : si son urine est à son goût, la femelle s'accouplera avec le mâle.

Gare au gorille ?

Le chanteur Georges Brassens avait prévenu : « Gare au gorille ! »

Mais la réputation de « bête de sexe » du primate le plus imposant est un peu usurpée. Son pénis (que rigoureusement ma mère m’autorise à nommer ici) ne mesure que 3 centimètres. Ce qui est bien suffisant, puisque le gorille au dos argenté, dominant, n’a pas de concurrent dans son harem. Et les occasions de s’accoupler ne sont pas légion, puisque la femelle, après avoir mis bas, se consacrera uniquement à l’éducation de son petit pendant plusieurs années.

Il y a en revanche les fous de l’amour, qui multiplient les chances de donner la vie. La femelle topi, une sorte d’antilope, n’est féconde que 24 heures dans l’année. Alors autant en profiter et multiplier les conquêtes, quitte à harceler les mâles. La punaise de lit, elle, est insatiable, et peut faire la chose 200 fois par jours.

Pour le plaisir

Il n’y a pas que la reproduction dans la vie ! Les singes bonobos multiplient les expériences sexuelles, pour la stabilité du groupe, et pour le plaisir. Oui, le plaisir animal existe. On a observé des préliminaires chez les chauves-souris : une petite fellation, avant la copulation. Et pour remercier madame, après avoir fait affaire, monsieur lui fera un cunnilingus. On a même mesuré chez des rats la libération d’endorphines, le cœur qui bat plus fort… L’amour, tout simplement.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail