Chronique des matières premières

Tension sur le marché céréalier ouest-africain

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Les prix du maïs ont flambé, en Afrique de l'Ouest et à l'international.
Les prix du maïs ont flambé, en Afrique de l'Ouest et à l'international. © CC0 Pixabay/Vijaya Narasimha

Le prix des céréales est à la hausse en Afrique de l’Ouest ces dernières semaines. Le maïs, mais aussi le mil, le sorgho sont plus cher sur les marchés, faute de stock suffisant, et par crainte d’une nouvelle récolte décevante.

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C’est un jeu de dominos une fois encore qui fait augmenter le prix du bol de maïs ou du plat de mil en Afrique de l’Ouest. À l’origine, il y a les mauvaises conditions climatiques qui ont pesé sur la dernière campagne locale, avec dans plusieurs régions des inondations qui ont détruit des champs.

Résultat, les stocks ont diminué. Or la récolte qui se termine ne s’annonce pas meilleure, à cause cette fois-ci d’une sécheresse dans certaines régions, au Togo notamment, et de prévisions pluviométriques inférieures à la moyenne dans les zones littorales.

La prochaine récolte s’annonce décevante

L’offre qui n’est déjà pas très abondante risque donc de ne pas être compensée par la nouvelle récolte. Même si celle-ci entraîne une baisse saisonnière des prix, une fois sur le marché, elle ne sera pas suffisante pour stabiliser les prix durablement explique un expert en agriculture ouest-africaine. Ce déficit de l’offre actuelle et à venir suffit à faire monter les prix sur les étals de Lomé, Accra, ou encore Dakar.

L’importation de maïs ne résout pas le problème, puisque là aussi, sur les marchés internationaux les prix ont flambé. Et ce notamment à cause d’un scénario climatique catastrophe au Brésil qui a fait chuter la production de grains jaunes.

La période de soudure risque de peser sur les finances des ménages

Dans ce contexte, ceux qui ont des stocks ont compris qu’ils avaient de l’or entre les mains et cherchent le moment le plus propice pour libérer leur réserve, afin de profiter de la hausse du marché. Cette hausse est aussi alimentée par la Chine, car elle consomme comme jamais, et quand le maïs est trop cher elle cherche à le substituer par d’autres céréales, qui en devenant plus attractives voient alors leur coût grimper.

Résultat : en Afrique de l’Ouest la période de soudure qui s’annonce pourrait faire mal au porte-monnaie. Et il faudra être patient. Selon les experts, les prix devraient se maintenir dans une fourchette haute pendant plusieurs mois. Notamment celui du mil, car sa récolte est plus tardive que celle des autres céréales.

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