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Invité Afrique

RDC: «Avec la Monusco, nous soutenons la population et protégeons les civils»

Audio 05:18
Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de l'ordre.
Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de l'ordre. © AFP/Ashraf Shazly

Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, a achevé, vendredi 18 décembre, la mission débutée une semaine plus tôt en RDC. Il a rencontré les acteurs politiques du pays dont le président Félix Tshisekedi, Martin Fayulu et d’autres parties prenantes à la crise institutionnelle qui s’est installée. Quel est son point de vue sur la crise politique congolaise ? Quelle priorité pour la Monusco dont le mandat a été renouvelé vendredi ? Il répond aux questions de Patient Ligodi.

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Depuis six mois, il y a blocage au sommet de l’État. Cette crise était-elle inéluctable ?

Jean-Pierre Lacroix : Lorsque je suis passé à Kinshasa, j’ai rencontré le président de la République, j’ai rencontré les acteurs politiques. Pour nous, ce qui est important, c’est d’être en mesure de travailler en partenariat avec les autorités congolaises. Ce n’est pas à nous de prescrire tel ou tel choix de majorité, telle ou telle orientation politique, telle ou telle mesure, pas du tout. Ce n’est pas notre rôle. En revanche, nous avons besoin de nous appuyer et d’appuyer des politiques, des actions, des initiatives qui sont initiées par les autorités qu’elles soient nationales ou locales. Et en ce sens, ce qui est souhaitable de notre point de vue évidemment, c’est que rapidement puisse se mettre en place un gouvernement, de manière à ce que ce partenariat, nécessaire entre les Nations unies et les autorités congolaises, puisse continuer et même s’intensifier.

Selon vous, Félix Tshisekedi a-t-il fait le bon choix en cherchant une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale ?

Là aussi, ce n’est absolument pas aux Nations unies de faire le moindre commentaire sur ce sujet. Nous avons besoin d’appuyer des politiques qui permettent de faire avancer des dossiers importants sur la sécurité et sur la création des conditions pour que le développement puisse s’intensifier,  notamment dans les zones troublées de l’Est, où nous sommes plus présents.

Entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, la communauté internationale ne cache pas sa préférence pour Félix Tshisekedi. Est-ce aussi votre opinion ?

Vous me posez encore une fois une question sur la politique intérieure congolaise. Mais regardons les choses, disons, d’une autre manière. Que font les Nations unies ? Que fait la Monusco ? Nous soutenons la population, nous faisons de la protection des civils. J’étais hier et avant-hier dans deux zones, une au Nord-Kivu dans ce qu’on appelle la région du Masisi, Walikale, le lendemain à Bunia et ensuite dans la région de Roe où il y a un camp de personnes déplacées. Sur le court terme, là où nous le pouvons, nous faisons le maximum. Nous apportons de la sécurité, nous aidons les collègues des agences humanitaires à apporter un soutien à ces populations vulnérables. Ensuite, il y a la question du long terme. Comment faire en sorte qu’une sécurité durable s’installe, que l’État de droit s’installe, que les activités économiques puissent se développer ? Et là, les Nations unies, les partenaires internationaux, la Monusco peuvent aider. Et elles aident, elles font déjà du travail en matière d’aide, construction des capacités de l’État, la sécurité, la justice, etc.  Mais ce qui est indispensable, encore une fois, ce sont les politiques initiées par les autorités locales et nationales dans ces grands domaines. Comment renforcer les forces armées, les forces de sécurité, comment renforcer la justice, comment faire en sorte que le retour de l’État se fasse dans toutes les régions où il est peu ou pas présent, comment engager un programme qui crée les conditions pour le développement économique ?

Le mandat de la Mission de l’ONU au Congo, la Monusco, est prorogé d’un an. Sur quoi faut-il mettre un accent particulier pour l’année 2021 ?

D’abord, sur les régions qui sont les plus touchées, c’est le sens des orientations qui ont, jusque-là, présidé à l’évolution de la Monusco, c’est-à-dire les régions de l’Est, et notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, une partie du Tanganyika. Ailleurs, dans les Kasaï, progressivement la Monusco a cédé la place à d’autres formes de soutien international, en partenariat évidemment avec les autorités congolaises. Et puis, un peu plus tard, nous envisageons dans le Tanganyika qu’il puisse se faire également la même chose. C’est une concentration sur les zones les plus difficiles, priorité bien sûr à la protection des civils, renforcer le partenariat avec les institutions, les autorités congolaises. Il y a en ce moment ici une situation politique que vous avez évoquée, on ne sait pas évidemment de quelle manière elle va se dénouer. Nous espérons que ce dénouement sera assez rapide. Au-delà du travail très important, mais plus de court terme d’appui à la population déplacée, humanitaire, sécuritaire, il y a vraiment le travail sur des sujets de plus long terme qui permet d’envisager que, progressivement, une opération de maintien de la paix puisse céder la place à d’autres partenariats internationaux dès lors que les conditions de sécurité notamment seraient plus favorables.

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