Amadou Koné, ministre ivoirien des Transports: «On a une progression importante du nombre d’accidents»

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Amadou Koné, ministre ivoirien des Transports
Amadou Koné, ministre ivoirien des Transports © Landrydoua83/wikimedia.org

En Côte d'Ivoire, les autorités ont récemment lancé un plan pour la sécurité routière pour la période 2021-2025. Selon les chiffres officiels, le nombre de morts sur les routes est estimé en moyenne à 1 200 par an, le nombre de blessés à plus de 21 000. Pour en parler, et évoquer également le projet du métro d'Abidjan, notre invité ce matin est le ministre ivoirien des Transports. De passage à Paris, Amadou Koné répond aux questions de Victor Mauriat.

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RFI : Vous avez présenté, début août, un vaste plan de réforme de la Stratégie Nationale pour la Sécurité Routière. Pourquoi était-ce important de se saisir de ce sujet ?

Amadou Koné : Premièrement, parce que nous avons pris des engagements internationaux de réduire de 50 % le nombre d’accidents sur nos routes. Deuxièmement, parce que nous avons constaté que ces dernières années on a une progression importante du nombre d’accidents. De 2013 à 2019, en Côte d’Ivoire, on a une progression du nombre d’accidents de 21 %.

Vous estimez justement le nombre de morts sur la route à 1 200 annuel. De nombreuses voix estiment que ce nombre pourrait être sous-évalué. Ces statistiques pourraient-elles être plus précises ?

A 1 200 annuel, en moyenne. On a des statistiques très précises, parce que nous sommes, en Côte d’Ivoire, dotés justement de moyens, que ce soit au niveau hospitalier, que ce soit au niveau du groupement des sapeurs-pompiers, du ministère de l’Intérieur, du ministère des Transports, qui nous permettent au jour le jour de savoir le nombre d’accidents qu’il y a sur nos routes, le nombre de décès sur nos routes… Bien évidemment, je suis sûr qu’il y a quelques incidents comme ça, sur certaines routes rurales, qui ne sont pas déclarés ?

Vous dites « en fonction de ce qui a été déclaré ». Cela veut dire qu’il y en a potentiellement qui ne le sont pas et qui donc pourraient faire grossier ce chiffre, si vous en aviez connaissance ?

Oui, mais je pense que c’est marginal.

Est-ce que la solution ne serait pas de durcir les sanctions ? Je crois qu’actuellement, pour un feu rouge, on parle de 2000 francs CFA d’amende. Le maire de Yopougon avait tenté de les augmenter considérablement dans sa commune, il y a deux ans. Il a dû faire marche arrière, suite à une fronde des syndicats de transporteurs. Est-ce que c’est faisable d’augmenter les amendes, comme ça ?

Dans l’immédiat il faut se donner tous les moyens pour faire appliquer les décisions qui sont prises, souvent depuis plusieurs années. Après, on verra.

Et la vidéo-verbalisation peut être une solution pour faire appliquer ces décisions en quoi ?

Cela a été expérimenté dans certains pays, cela donne des résultats impressionnants. Et nous, nous avons décidé de commencer cela sur Abidjan et d’étendre cela très rapidement à l’intérieur du pays, notamment sur les axes routiers où il y a le plus d’accidents.

Et quel est le coût de cette mise en place ?

Nous avons opté pour la mise en place de ce système avec un privé. Ce privé fera les investissements. Bien évidemment, très rapidement nous devons peut-être, en tant qu’État, faire les investisseurs nous-mêmes. Je peux vous dire que cela coûte énormément d’argent, mais il est nécessaire que nous mettions un peu d’ordre, parce que le coût est important et excessif pour nos économies.

Sur la question des contrôles techniques il y a beaucoup de véhicules qui continuent de circuler, alors qu’ils ne le devraient pas, ils ne sont pas en règle. Mais c’est un contrôle qui est obligatoire, qui est assuré par des opérateurs privés, qu’est-ce que l’on peut faire pour améliorer cette situation ?

Il y a un travail important qui a été fait depuis quelques années, c’était d’avoir une base de données numériques de véhicules. Avec cette base de données numériques, aujourd’hui la vidéo-verbalisation, il est tout à fait possible pour nous, dans la circulation, de savoir ceux qui ont, ou non, fait le contrôle technique.

Un dernier mot à propos du métro d’Abidjan. Le projet a été lancé il y a dix ans, piloté par un consortium français. On est au début des déguerpissements des axes où seront posés les rails. On parle d’une mise en service vers 2026. Pourquoi si tard ?

Parce que c’est d’abord un projet qui est complexe. C’est un projet sur 38 kilomètres, dans un espace déjà fortement urbanisé, avec beaucoup, beaucoup de travaux de génie civil et tout ceci fait que c’est un projet qui ne peut pas se réaliser dans un délai beaucoup plus court que celui que nous avons souhaité. On a eu beaucoup de mal à boucler le financement à un moment donné. Maintenant, la question du financement est réglée.

A 1,36 milliards d’euros ?

A peu près ? Cela aurait coûté beaucoup plus cher, si on n’avait pas une partie du tracé qui était déjà dégagée, parce qu’il faut savoir que le métro d’Abidjan sera parallèle à un chemin de fer historique. Les autres lignes de métro certainement coûteront beaucoup plus cher.

A propos du déguerpissement, les personnes qui ont été expropriées, expulsées, pour la construction du métro, qu’est-ce qui est mis en place pour elles ? Est-ce qu’elles vont être relogées, est-ce qu’elles vont être indemnisées ?

C’est comme pour tous les projets d’infrastructure où des populations sont déplacées. Évidemment, les populations sont indemnisées, il y a une cellule qui est en place depuis plusieurs années, qui a fait les études, qui a rencontré toutes les personnes indemnisées, qui a eu des discussions avec ces personnes, donc toutes ces personnes seront indemnisées. Le budget pour le faire existe, donc il n’y a pas à se soucier de ce que ces personnes ne soient pas prises en compte.

C’est une promesse que vous faites aujourd’hui ?

C’est une promesse que je fais, les ressources sont disponibles. Elles ont commencé à être payées, je veux le dire quand même, et nous n’avons pas de problèmes de ce côté-là.

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