Journal d'Haïti et des Amériques

Salvador: Nayib Bukele, «une conception verticale du pouvoir»

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Le président du Salvador, Nayib Bukele.
Le président du Salvador, Nayib Bukele. © MARVIN RECINOS/AFP/Archivos

Élu en 2019 sur la promesse de combattre la corruption et la criminalité, le jeune président du Salvador Nayib Bukele, 39 ans, concentre aujourd’hui tous les pouvoirs après la victoire de son nouveau parti Nuevas Ideas qui domine le Parlement. Un dirigeant sans garde-fou qui promet un grand ménage, au détriment de l’État de droit.

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Élu en 2019, Nayib Bukele gouvernait jusqu’en février 2021, sans majorité au Parlement, en s'appuyant sur les deux grands partis historiques (FMLN à gauche et Arena à droite). Lors des législatives fin février 2021, sa nouvelle formation, Nuevas Ideas, s'est largement imposée. Le 1er mai 2021, le nouveau Parlement issu de ce scrutin est entré en fonction, et a aussitôt destitué les juges de la Cour suprême et le procureur général, des personnalités hostiles au président. Cette semaine, ce même Parlement a levé les exemptions fiscales dont a bénéficié la presse, notamment celle qui était opposée à Nayib Bukele. «Qu'ils s'en aillent. Tous... d'autres tètes vont tomber», a-t-il prévenu. Nayib Bukele «est dans une conception du pouvoir où il est au centre», selon notre invité David Garibay, professeur de Sciences politiques à l'Université Lumière Lyon 2, «les autres pouvoirs, législatif, judiciaire, doivent être au service de son projet politique». «C’est une logique très personnalisée, très verticale du pouvoir», selon David Garibay qui rappelle que Nayib Bukele est l’un des présidents «les plus populaires d’Amérique latine».

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Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme se dit «profondément préoccupé» après la sanglante opération antidrogue dans une favela de Rio au Brésil, jeudi 6 mai 2021, demandant à la justice brésilienne de mener une «enquête indépendante et impartiale». Au moins 25 personnes, dont un policier, ont été tuées lors de ce qui constitue l’opération policière la plus meurtrière de toute l'histoire de la métropole brésilienne et de l'État, dont elle est la capitale. «Ce qui s'est passé à Jacarezinho était un massacre», s'exclame Carta Capital. Le quotidien critique vivement «l'attitude inadmissible» des forces de l'ordre qui ont fait irruption dans les maisons, s'y sont livrées à des destructions et des violences.

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Le dialogue pourrait-il ramener un peu de calme dans un pays secoué par la contestation depuis plus d'une semaine ? Le gouvernement colombien appelle à des discussions à compter de la semaine prochaine. Le médiateur nommé par le président assure qu'il rencontrera, lundi 10 mai 2021, les leaders des manifestations. Mais ceux-ci ont une exigence avant tout dialogue : la fin de la répression policière contre les contestataires qui a déjà fait au moins 26 morts.

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