Le monde en questions

États-Unis/ Europe, la lune de miel ?

Audio 02:49
Joe Biden à la Maison Blanche, le 27 février 2021.
Joe Biden à la Maison Blanche, le 27 février 2021. AP - Pablo Martinez Monsivais

Cette semaine, nous revenons sur l’état des relations entre les États-Unis et l’Union Européenne depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche. Est-ce un retour à la situation qui prévalait avant l’élection de Donald Trump ou carrément un nouveau départ pour cette relation transatlantique ?

Publicité

Eh bien un peu des deux. Il y a, oui bien sûr, une remise à niveau de cette relation transatlantique abîmée durant quatre ans par les foucades, et les exhortations de Donald Trump, qui était presque plus revendicatif avec ses alliés européens qu’avec certains pays plus ou moins hostiles aux États-Unis. La tension lors des sommets G7 ou G20 était perceptible : les leaders européens passaient leur temps à gérer un Donald Trump imprévisible, qui partait du principe que les Européens devaient payer davantage pour leur sécurité, et que, autour du slogan « America first », les intérêts politiques, diplomatiques et économiques des États-Unis avaient la priorité absolue, y compris s’il fallait taxer les produits européens, y compris sur la question des droits de l’homme, du climat ou des relations avec la Russie.

De ce point de vue, l’avènement de l’administration Biden marque une rupture nette. Elle affirme clairement que cette alliance avec l’Europe est importante, et qu’elle s’inscrit sur une communauté de valeurs qui fondent les sociétés européennes et américaine. Qu’il s’agisse de la défense des libertés dans le monde, de l’adhésion au modèle démocratique, de la croyance dans les bienfaits du multilatéralisme, ou de le conviction qu’il faut lutter avec détermination contre le réchauffement climatique.

Et les équipes de Joe Biden ont très vite envoyé des signaux forts au Vieux Continent. Le nouveau Secrétaire d’État Anthony Blinken a participé par visio-conférence à une réunion de ses homologues de l’Union européenne. Joe Biden s’est invité à distance à la Conférence sur la sécurité à Munich. Enfin, le représentant spécial pour le climat, le francophone et francophile John Kerry, s’est rendu en personne cette semaine à Bruxelles, Paris et Londres pour montrer physiquement que les États-Unis, non contents d’avoir réintégré l’accord de Paris sur le climat - à la finalisation duquel John Kerry, alors secrétaire d’État de Barack Obama, avait beaucoup contribué -, entendaient désormais, en étroite coopération avec les 27, aller plus loin, plus fort et plus vite dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sans parler des sanctions contre la Russie dans l’affaire Navalny, élaborées là aussi en concertation rapprochée avec Bruxelles.

Est-on alors face à une nouvelle impulsion de cette relation transatlantique ? Oui, la relation est au beau fixe, renforcée même, y compris par rapport à l’époque Obama, qui tenait cette relation pour acquise et n’avait d’yeux que pour l’Asie.

Mais attention : les États-Unis de Biden ne pratiquent pas pour autant la philanthropie - ils estiment simplement que leur leadership est menacé par la montée en puissance de la Chine. Et que le poids politique et économique du bloc européen à leurs côtés dans cette bataille peut être un atout important. Alors, oui pour une relation renouvelée avec les Européens, mais pour les intérêts et sous la domination des États-Unis. Les Européens ne doivent pas l’oublier.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail