Reportage France

Après une année scolaire chaotique, les candidats se préparent à un bac inédit

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L’organisation du baccalauréat est marquée bien évidemment cette année par les mesures sanitaires en vigueur pour lutter contre le Covid-19.
L’organisation du baccalauréat est marquée bien évidemment cette année par les mesures sanitaires en vigueur pour lutter contre le Covid-19. Frederick Florin/AFP

J-7 avant les premières épreuves du baccalauréat 2021. Après une année scolaire marquée par la pandémie, les cours en distanciel puis en demi-jauge, mais aussi par la réforme du grand oral, comment professeurs et candidats abordent-ils cet examen final ? Entre stress et grande fatigue.  

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Elodie Pinel est prof de français et d’humanité dans un lycée de la banlieue parisienne. Cette année, en plus de préparer ses élèves pour la première fois au grand oral, elle a également été convoquée pour être jury de l'épreuve. Un grand saut dans l'inconnu.

« C’est le bazar, on ne sait pas où on va, on ne sait pas selon quels critères on va évaluer, on ne se sent pas formé, on ne se sent pas légitime, et on va faire semblant... Je me sens un peu mieux qu’il y a quelques semaines, parce qu’on a fait répéter les élèves, confie-t-elle. Par contre j’étais beaucoup moins sereine vis-à-vis de ce qu’on nous disait au niveau du rectorat ou du ministère, parce qu’on n’a eu aucune directive. Comment voulez-vous préparer un élève à une épreuve sans connaître les critères de notation ? »

Outre la réforme du bac avec le grand oral, de nombreuses matières qui devaient être validées avec l'examen final le sont désormais avec le contrôle continu. C'est le cas de l'anglais. Pour Céline Deville enseignante en classe de terminale ce nouvel aménagement est un vrai coup dur :

« Ma motivation en a pris un coup, parce que j’avais le sentiment d’être obligée d’avancer coûte que coûte, de devoir mettre des notes absolument. Comment fait-on pour évaluer des élèves qu’on a eu sur une thématique trois heures ? Je pense que ces notes ne sont pas représentatives du niveau des élèves. Et c’est d’autant plus inquiétant que dans les commissions d’harmonisation du bac, les notes risquent encore d’être relevées. Nous les enseignants on se sent extrêmement frustrés d’avoir passé une année à essayer de noter, à essayer d’évaluer justement un élève, et le jour de l’harmonisation on me dit "il faut rajouter deux points, il va avoir son bac". Je me demande à quoi je sers. »

L’harmonisation, c'est également ce qui pose problème à Emma, élève studieuse d'un grand lycée parisien. Elle dénonce un bac inégalitaire :

« Je suis dans un lycée avec une notation qui est plus difficile que dans la plupart des lycées et on a appris très tard dans l’année que les spécialités seraient en contrôle continu. Cela fait que finalement on va tous avoir des notes super basses, et ils vont faire une harmonisation, mais on ne sait pas de quoi elle dépend, donc c’est très déstabilisant. Et j’ai l’impression de passer un bac qui ne va pas être apprécié à sa juste valeur »

Mais les aménagements du bac ne font pas que des malheureux. « On a été quand même très allégé, ils ont été très indulgents de nous donner 14 textes, savoure Martin, qui s'apprête à passer son bac français. Je me rappelle les années précédentes, c’était une vingtaine de textes. Et le français, c’est ma matière préférée donc je pense que ça pourrait aller. »

Cette année, plus de 700 000 élèves de terminale se préparent à passer leur baccalauréat. Prochain rendez-vous le 17 juin pour l'épreuve écrite de philosophie.

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