Reportage international

Italie: les lycéens réclament le retour en classe à temps plein

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La bannière dit: «L'école est ouverte !», à l'entrée d'une école primaire alors que les écoliers retournent en classe dans le cadre de la réglementation italienne covid-19 après les vacances de Noël, tandis que les élèves plus âgés poursuivent leurs études en ligne, à Maleo, un des villes de la «zone rouge» de Lombardie, dans le nord de l’Italie, le 7 janvier 2021.
La bannière dit: «L'école est ouverte !», à l'entrée d'une école primaire alors que les écoliers retournent en classe dans le cadre de la réglementation italienne covid-19 après les vacances de Noël, tandis que les élèves plus âgés poursuivent leurs études en ligne, à Maleo, un des villes de la «zone rouge» de Lombardie, dans le nord de l’Italie, le 7 janvier 2021. REUTERS - MARZIO TONIOLO

Depuis l’arrivée de la pandémie de coronavirus en Italie, les lycéens ont eu plus de 300 jours de cours à distance. Le gouvernement s’était engagé à rouvrir tous les établissements scolaires le 7 janvier après la fête de l’Épiphanie. Mais pour ceux du second degré, qui accueillent près de trois millions de jeunes, âgés de 14 à 19 ans, la situation est on ne peut plus chaotique.

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Dans la plupart des régions, le retour en classe, limité à 50 %, ne se fera pas avant la fin du mois de janvier voire le début du mois de février. Dans toutes les grandes villes du pays, des étudiants, mais aussi des enseignants et des parents d’élèves, sont vent debout. Ils revendiquent le droit aux cours en présentiel de manière permanente et avec des garanties pour la sécurité sanitaire, notamment dans les transports. Ils ne veulent plus être sacrifiés sur l’autel des restrictions. D’autant que les contagions au sein des écoles ont représenté 2 % du total des foyers détectés dans les semaines suivant la rentrée scolaire au mois de septembre, selon les données de l’Institut Supérieur de Santé

Valeria, 17 ans, visage de madone et chevelure flamboyante, étudie au lycée Cavour de Rome. Comme des milliers d’élèves du secondaire, elle se mobilise pour que l’enseignement en présentiel soit placé au centre des objectifs des autorités gouvernementales.

« Depuis ces trois derniers mois nous avons suivi les cours à distance à 100 % et maintenant ce sera en alternance : une moitié de la classe les suivra en présentiel et la semaine d’après ce sera au tour de l’autre moitié. Nous demandons des garanties de sécurité dans les lycées et dans les transports. En dix mois, rien n’a été fait. Moi je suis très déçue et je me sens abandonnée. Mais ce qui me manque plus que tout c’est le plaisir d’apprendre. »

Un sentiment partagé par Luca, 19 ans, membre du comité « Priorité à l’école ».

« On n’en peut plus ! Sans école, il n’y a pas de futur pour nous. La situation n’est plus soutenable ! Nous demandons d’être écoutés. Pour la gestion de ce retour en classe, le grand absent c’est le dialogue. »

Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas jugé utile de rencontrer les représentants des étudiants, des parents et des enseignants. Claudia, professeure de mathématiques, s’en désole.

« Il n’y a eu aucun échange sur les projets. Le problème fondamental c’est la manière dont est structuré le système de formation.  Ma plus grande crainte c’est l’abandon scolaire. Beaucoup d’élèves ne suivent pas les cours à distance. Et puis, j’ai peur que la sécurité ne soit pas garantie, dans la mesure où le personnel scolaire ne sera pas vacciné avant l’été. »

 Sur ce point le ministère de la Santé pourrait modifier son calendrier.  Mais concernant le décrochage scolaire, on attend toujours un plan concret. Livia, 18 ans, s’inquiète aussi de ce fléau qui mine surtout les régions défavorisées du Sud. 

« Je crois que l’école à distance n’assure pas un droit à l’instruction pour tout le monde. On a la sensation que l’école est vraiment la dernière préoccupation pour les politiciens. Nous, on croit qu’investir sur la formation des jeunes c’est important. »

Des paroles auxquelles font écho celles de Francesca, mère de trois enfants.

 « Laisser les établissements fermés, cela signifie faire naufrager une nation toute entière. » 

Seuls les lycées de la Toscane rouvriront leurs portes ce lundi. Les autres régions attendront fin janvier ou début février, en fonction de leur courbe épidémiologique et de leur capacité d’organisation.

 

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